11.12.2007
Chômage: une présentation fallacieuse
Le moyens d'information audiovisuelle de masse (radios, télévisions) ne cessent de répéter que "le chômage est descendu en dessous de 8% de la population active pour la première fois depuis cinq ans."
C'est faux.
Le taux de chômage s'établit à 7,9% de la population active au troisième trimestre dans la seule France métropolitaine.
Le taux de chômage s'établit à 8,3 % de la population active "si l'on inclut les Départements d'Outre-Mer".
Sauf à considérer que les habitants des Départements d'Outre-Mer ne sont pas français, le taux de chômage est donc de 8,3 % en France, en recul de 0,2% par rapport au deuxième trimestre de cette année.
Comme la norme du Bureau International du Travail est une estimation à "plus ou moins 0,4 points", cette statistique ne signifie pas grand chose.
Pourtant les médias la "matraquent" sans discernement ni retenue.
13:05 Publié dans Emploi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chômage, population active, départements d'Outre-Mer, Bureau International du Travail, statistiques
08.11.2007
La pauvreté fait baisser la courbe du chômage
La version électronique du journal "Le Monde" daté du 7 novembre a trouvé dans un interminable compte-rendu d'obscurs travaux parlementaires la confirmation officielle d'un soupçon récurrent: les statistiques du chômage sont manipulées. Jamais le cynisme de cette manipulation (*) n'avait été révélé de manière aussi concise, en une seule phrase.
Cette confirmation se situe à la fin d'un très long procès-verbal qui transcrit mot à mot les réponses des membres du gouvernement aux questions des députés membres de la Commission des Finances et des Affaires sociales. Ces élus s'intéressent en ce moment, loin de l'actualité médiatique, aux dépenses de l'Etat dans le cadre de l'examen du projet de loi de Finances pour 2008. Dans son avant-dernière réponse, Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives déclare textuellement ceci: "Effectivement, si la moitié seulement des allocataires du RMI sont inscrits à l’ANPE, c’est aussi qu’on leur demande de ne pas s’y inscrire pour ne pas alourdir les statistiques."
Dans cette logique, les gouvernements ont objectivement intérêt à favoriser un assistanat qui leur permet de s'attribuer des succès apparents dans la lutte contre le chômage. La "lutte" contre le chômage consisterait, en somme, à faire basculer le plus grand nombre possible de jeunes sans qualification, de femmes seules et de salariés âgés dans la pauvreté afin que des ministres puissent venir se rengorger chaque mois à la télévision quand les tombent "les bons résultats de l'emploi".
La pauvreté progresse mais elle n'est pas rendue perceptible sous la forme de statistiques que les politiques agitent comme des quolifichets fétichistes. Les dépenses publiques d'aides à la survie des exclus explosent - triplement en quelques années des dépenses sociales des départements - mais les sommes exhibées permettent aux gouvernements de "montrer" qu'ils font "du social" (à la manière des dames patronesses qui donnent ostensiblement une pièce aux miséreux le dimanche à la sortie de la grand messe). Les dépenses sociales qui augmentent contribuent à l'accroissement de la dette au même titre que les allègements d'impôts consentis aux contribuables les plus aisés.
(*) Un directeur de l'INSEE a été récemment et discrètement limogé pour avoir, pendant la campagne électorale, résisté aux arguments de l'actuel président de la République sur la présentation statistique du marché du travail.
Source: Assemblée nationale via "Le Monde électronique"
12:20 Publié dans Travail | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pauvreté, RMI, chômage, travaux parlementaires, commission des finances, Martin Hirsch, projet de loi de finances
28.09.2007
Chômage, croissance et erreur stratégique
En admettant que la hausse de 0,6% du taux de chômage en août soit dûe aux mauvaises conditions météorologiques qui auraient pénalisé les travailleurs intérimaires ( tourisme, hôtellerie), elle appelle quand même trois remarques:
1 - La baisse du chômage statistiquement constatée sans interruption depuis le milieu de l'année 2005 est plus fragile que ne le laissaient penser les chiffres sur les créations d'emplois (180 000) au premier semestre, sans parler des déclarations officielles.
2 - Impossible de ne pas comparer le rebond du chômage en France avec ce qui se passe en Allemagne où le taux de chômage a atteint son niveau le plus bas depuis 1993. La France crée moins d'emplois que l'Allemagne parce qu'elle importe plus qu'elle n'exporte. L'idée que la consommation des ménages français pourrait stimuler la croissance est donc fausse puisque si les Français consomment davantage de produits importés, ils stimulent la croissance, et donc l'emploi, dans les pays étrangers, dont l'Allemagne.
3 - Les deux remarques précédentes confortent le jugement selon lequel l'actuel président de la République commet deux erreurs majeures:
a) l'euro n'est pas responsable des difficultés françaises puisqu'avec la même monnaie, l'Allemagne affiche de meilleurs performances que la France. Le problème n'est donc pas l'euro mais la France. Or, en creusant les déficits et en agravant l'endettement public, la France de Nicolas Sarkozy oblige la BCE à renforcer sa vigilance contre l'inflation, ce qui revient à maintenir les taux élevés que la France dénonce.
b) l'actuel locataire de l'Elysée se trompe lourdement en croyant résoudre les problèmes français par des allègements fiscaux qui stimuleraient une demande intérieure, au demeurant très soutenue jusqu'à présent, mais dont profitent les importations. C'est l'offre de produits et services français qui fait défaut.
Rappel: à l'automne 1974, un Premier ministre nommé Jacques Chirac avait commis la même erreur que l'actuel président de la République en organisant une relance de la consommation qui avait essentiellement profité aux importations allemandes et japonaises. En 1981, la même erreur commise par la gauche - relance de la consommation au profit des productions étrangères - avait conduit un certan Michel Jobert, ministre du commerce extérieur, à bloquer les magnétoscopes importés du Japon. Il n' y a aucune rupture dans la politique imposée par Nicolas Sarkozy. Une parfaite continuité dans l'erreur.
19:20 Publié dans Action publique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : croissance, chômage, France, Allemagne, importations, exportations, Chirac









