15.11.2007

Croissance 2007: fourchette de crédibilité

La Banque de France vient d'actualiser ses prévisions de croissance à 1,9% pour 2007.
Rappelons que l'OCDE et la majorité des conjoncturistes privés s'accordent sur une progression de 1,8%.
Rappelons enfin que le gouvernement maintient une hypothèse de croissance comprise entre 2 et 2,25.

A partir de ces trois données, deux éléments d'appréciation:

1) En-dessous de 2% de croissance, le gouvernement enregistrerait l'échec de son "choc fiscal de confiance".

2) Les cours du pétrole ainsi que la parité euro/dollar s'étant stabilisés, la durée des grèves devient un paramètre important pour la crédibilité du gouvernement puisque le niveau du taux de croissance se joue à quelques dixièmes de point.

La fouchette de crédibilité s'établit ainsi à ce jour:

- 1,9% de croissance: échec léger.

- 1,8 % de croissance: échec sérieux.

- 1,7% de croissance: échec grave.

- 2% de croissance et plus : succès du gouvernement compte tenu des contraintes extérieures (pétroles, matières premières, parités monétaires) sur lesquelles il n'a aucune prise.

05.09.2007

Croissance: volontarisme et réalités

Alors que le gouvernement maintient son objectif de croissance à 2,25 % pour 2007, l'OCDE révise ses prévisions à la baisse, de 2,2 à 1,8 %.
Tout repose maintenant sur le comportement des ménages au regard des allègements fiscaux décidés cet été. Si l'amélioration du pouvoir d'achat se maintient à + 3,2 %, les ménages ont le choix entre consommer et épargner.
Le choix de la consommation justifierait la relance keynésienne et démentirait, peut-être, les prévisions de l'OCDE. Pour qu'il en soit ainsi, il faudrait que la consommation progresse d'au moins 0,9% aux troisième et quatrième trimestres.
Le choix de l'épargne marquerait l'échec, pour 2007, du "choc de confiance" recherché par le président de la République. Toute hausse du taux d'épargne exprime en effet une crainte de l'avenir, ce qui est le contraire de la confiance. Le taux d'épargne remonte actuellement vers 16,5%, niveau inégalé depuis 2002.
Dans l'immédiat, les nouvelles prévisions de l'OCDE amplifient le décrochage ( 0,7% jusqu'à présent) de la croissance française par rapport à la moyenne européenne.