14.11.2007
La croissance économique et la grève
Le fait que la croissance de l'économie française au troisième trimestre ait été, à + 0,7 %, supérieure aux attentes est à priori de nature à corriger, voire à démentir, mon analyse récente sur un possible échec de Nicolas Sarkozy. En réalité, et même si cette analyse du 9 novembre s'avère un jour erronée, les données sur la croissance mais aussi mon analyse du 13 novembre sur le caractère asymétrique de la crispation sociale valident l'hypothèse du risque d'échec.
Deux groupes d'observations sur la croissance au troisième trimestre :
1 - Cette "photographie" de la conjoncture est dépassée: toutes les données de juillet, août et septembre qui nourrissent ce résultat statistique se sont dégradées. Mon analyse du 9 novembre se fonde sur des données qui datent de la fin septembre, d'octobre et du début novembre. Exemples: en juillet le baril de pétrole ne valait pas encore 98 dollars, l'euro n'était pas proche de 1,50 dollar et les prix du lait et des céréales n'avaient pas encore augmenté.
2 - Le cimat psychologique a profondément changé: en juillet et en août, l'optimisme des lendemains électoraux prévalait encore; des réformes prometteuses ("travailleur plus pour gagner plus") n'avaient pas encore montré leurs limites (détaxation des heures supplémentaires).
Ainsi relativisé, le "bon chiffre" de la croissance modifie ainsi mon analyse du 13 novembre sur le caractère asymétrique de l'actuelle crispation sociale: des grèves longues peuvent affecter le taux de croissance en 2007; or le gouvernement a absolument besoin d'un chiffre pas trop mauvais pour installer sa crédibilité économique et poursuivre ses réformes. Les syndicats savent qu'ils ont perdu la confrontation sur les régimes spéciaux de retraite mais ils ont la possibilité en prolongeant les grèves de rendre la victoire sociale du gouvernement extrêmement coûteuse sur le plan économique et politique.
15:50 Publié dans Conjoncture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : croissance économique, économie française, troisième trimestre, Nicolas Sarkozy, conjoncture, pétrole, euro









