09.01.2009
Les lanceurs de relances
Les politiciens du monde entier se livrent depuis septembre à un concours de relances. Barak Obama prend le relais de George Bush (et procède, comme lui, à des réductions d'impôts, ce qui devrait faire réfléchir ceux qui se sont pâmés devant ses promesses électorales). Nicolas Sarkozy essaie de rattraper Gordon Brown (et procède comme Jacques Chirac en 1974 à des relances qui ne servent à rien). Angela Merkel galope derrière Nicolas Sarkozy parce qu'elle prépare des élections législatives.
Ces jeux olympiques de la relance économique révèlent trois phénomènes:
1- Panique des politiciens: ils ne comprennent pas ce qui s'est passé; il n'ont prise sur rien, ni sur les banques ni sur les consommateurs; ils ne savent pas ce qui va se passer. La panique inspire des décisions absurdes comme celle qui consiste à vouloir restaurer "la confiance" en multipliant des plans de relance qui accentuent la défiance.
2 - Impunité des incompétents: les banquiers d'affaires, gérants de fonds et financiers de tous poils qui sont à l'origine de la crise du crédit, élément déclencheur de la récession, elle-même génératrice de déflation sortent indemnes puisque les politiciens déversent des milliers de milliards sur leurs pertes.
3 - Le "sauvetage"prépare la prochaine crise: les milliards de dollars et d'euros que les politiciens font imprimer par "la planche à billets" afin d'exonérer les financiers incompétents de toute responsabilité vont créer une énorme inflation à partir de 2011 et créer une nouvelle bulle spéculative qui éclatera vers 2013.
Les politiciens, Obama compris, compliquent la résolution des problèmes.
Ils n'ont pas la lucidité qui leur permettrait de comprendre que la panique les discrédite.
Ils n'ont pas le courage de sanctionner les financiers dont les agissements troublent l'ordre public.
Ils n'ont pas suffisamment d'imagination pour proposer une vision régénérée de l'économie mondialisée.
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01.01.2009
Le probable, le plausible et l'inconnu
Dysfonctionnements financiers jusqu'en 2011, troubles sociaux dès février, évènement bouleversant dans l'année. Outre l'extrapolation des lignes de force produites par le passé récent, l'avenir à moyen terme peut se concevoir en niveaux décroissants de vraisemblance.
Le catastrophisme est le premier inconvénient de la prospective. Car même en écartant l'idée stupide selon laquelle "le pire est toujours sûr", il serait absurde d'escamoter le fait que les changements décisifs ont presque toujours été provoqués par de sinistres évènements.
La deuxième difficulté de l'exercice réside dans l'évaluation des possibilités.
J'ai choisi de les répartir entre trois catégories:
- Sont considérés comme probables les phénomènes dont les conditions d'avènement existent déjà. C'est le cas dans l'actualité économique.
- Sont plausibles les phénomènes pour lesquelles l'expérience et la logique déductive permettent de "construire" des enchaînements de causes à effets. Tel est le cadre dans lequel s'inscrit l'hypothèse de troubles sociaux.
-Sont imprévisibles mais concevables des surgissements et singularités que fécondent l'imagination et le raisonnement. Une singularité est quelque chose de significatif qui ne relève d'aucune grille d'explication. Une singularité peut être l'amorce d'une émergence. Une émergence peut accoucher d'un phénomène majeur durable. En décembre 1999, l'infiltration simultanée au nord est et au nord ouest des Etats-Unis, de terroristes islamistes venus du Canada pour accomplir des carnages simultanément à Las Vegas et à Times Square était une singularité dont l'émergence est survenue le 11 septembre 2001 avec, comme phénomène structurant, une conflictualité asymétrique - terrorisme international contre démocratie universaliste guerrière - et ses conséquences: invasions de l'Afghanistan et de l'Irak.
Encore deux ans de dysfonctionnements économiques
Il est ainsi vraisemblable que l'empilement des crises - dévaluations monétaires sur déflation, déflation sur récession, récession sur assèchement du crédit, assèchement du crédit sur effondrement spéculatif - que cette accumulation sans précédent de dysfonctionnements conduise à une dislocation plus ou moins brutale du système économique mondial par deux phénomènes: inflation ou/et krach obligataire. L'inflation est inévitable parce que les Etats sont en train de fabriquer massivement du papier qui n'a de monnaie que le nom. Krach obligataire parce que les conditions aberrantes dans lesquelles ces Etats empruntent ne peuvent qu'engendrer une hausse des taux d'intérêts: des centaines de millions de prêteurs seront spoliés ou ruinés. Cela se produira en 2010 ou en 2011.
Troubles émergents et viraux
Un peu moins fatals mais plausibles, les troubles sociaux peuvent surgir sporadiquement et se propager sans autre logique que celle, virale, des réseaux. A surveiller notamment, les frustrations engendrées par la récession dans les classes moyennes des puissances émergentes, dont la Chine et la Russie. Ces classes moyennes vont se voir brutalement privées du bien-être relatif auquel elles commençaient à accéder après de longues années de privations et au prix d'un énorme labeur. Elles n'accepteront pas sans réagir violemment que ce droit au bonheur matériel soit capté par des castes dont elles ne supportaient le joug qu'en fonction d'une prospérité à venir. Les images de ces colères populaires peuvent "contaminer" des populations moins menacées de régression mais rendues anxieuses par une paupérisation rampante. Dans une telle configuration, L'Italie, la France et la Belgique ne sont pas simplement des extrapolations de ce qui s'est passé et de ce qui va encore se passer en Grêce. Ces pays contiennent des ferments de rancoeurs qui ne trouvent aucun débouché politique.
Traumatismes concevables
L'inconnu englobe, par définition, tout phénomène ou évènement décisif qui ne dispense aucun signe annonciateur. Les dysfonctionnements économiques n'étaient pas tous prévisibles mais certains - effondrement spéculatif, récession - s'annonçaient dès 2005 et se sont précisés à partir de l'été 2007. Cependant, il n'est pas tout à fait fantasmatique d'envisager - par exemple - l'assassinat de Barak Obama, compte tenu de ce qu'est le peuple américain dans sa complexité. Une soudaine et cruciale contraction technologique - affaissement partiel ou total du réseau mondial internet - peut mettre en cause des pans entiers du modèle économique ainsi et surtout que des modes de vie qui ancrent les individus et les communautés dans la sociabilité. Toutes sortes de conflits, notamment entre l'Inde et le Pakistan donc la Chine (trois puissances nucléaires) peuvent se réactiver sous n'importe quel prétexte.
Justifications contradictoires de l'optimisme
L'optimisme ne peut pas être exclu d'un exercice de prospective modulée. D'abord parce que des manifestations de lucidité économique, politique, technologique prolifèrent. Les sociétés humaines sont devenues plus réflexives: elles examinent de manière un peu plus attentive que celles du passé les conséquences de leurs choix fondamentaux. Le fait nouveau et porteur d'avenir vient de ce que même les Etats les plus "fermés" comme ceux de la Corée du Nord ou de l'Iran acceptent la rationalité comme méthode pour trouver une solution aux problèmes de leurs peuples. Or l'intrusion de la rationalité dans ces sphères de pouvoir est un atout considérable à double effet. D'abord, elle neutralise les fondamentalismes morbides, ceux de l'Islam pour lesquels le recours à la destruction nucléaire est compatible avec une fin du monde espérée et ceux du protestantisme perverti par le dogme impérialiste de la "destinée manifeste" (USA 1839- 2008). Ensuite, la rationalité permet d'élaborer les compromis masquées par les croyances religieuses et idéologiques.
Par ailleurs, force est de reconnaître que les évènements désagréables servent souvent, pas toujours, de condition nécessaire à une régénération salutaire des manières de penser et d'agir.
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27.12.2008
Philippe Marini honnête homme de droite de l'année
Sénateur UMP de l'Oise, Philippe Marini mérite d'être considéré comme l'homme de droite le plus honnête de l'année pour avoir proposé que les pertes subies à la Bourse soient compensées par un abattement fiscal égal au montant total de ces pertes.
Le sénateur Marini fait cependant preuve d'une grande modération dans son approche du partage de la richesse nationale: il s'abstient de proposer que les gains boursiers soient entièrement défiscalisés.
En effet, l'enrichissement sans cause (que les partageux envieux appellent "spéculation") cet enrichissement sans cause humaine connue ne peut provenir que d'une intervention divine. C'est à dire un miracle. Et seuls des sans-Dieu remplis de haine peuvent avoir la volonté de taxer les miracles.
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