22.02.2008
Un pouvoir d'achat rabourgri
Avec des hausses de prix de 2,8% en 2007 et, probablement, de 2,5% cette année, le pouvoir d'achat des Français est sérieusement entamé. Il le sera d'autant plus que la chute prévisible de la croissance économique freinera le recours aux heures supplémentaires qui aurait dû améliorer les salaires. Le niveau de vie ses salariés sera donc réduit par les deux bouts: par la stagnation ou la baisse des revenus salariaux et par l'inflation.
Rien d'étonnant à ce que, malgré les soldes d'hiver, la consommation des produits manufacturés ait reculé de 1,2% en janvier. La demande intérieure était jusqu'ici le moteur principal de la croissance économique. Il est en train de ralentir, faute de "carburant". L'autre moteur, celui des exportations, est carrément hors d'usage avec un déficit record de 39 milliards. Le troisième, celui de l'investissement des entreprises, n'a aucune raison de fonctionner puisque les débouchés intérieurs et extérieurs des entreprises se réduisent: pourquoi investir dans la production si les produits ne se vendent pas...
Compte tenu des objectifs qu'il avait affiché, l'actuel président de la République bat tous les records de vitesse dans la prise de conscience d'un triple échec économique: pouvoir d'achat, croissance, confiance en l'avenir des consommateurs, des salariés et des chefs d'entreprises.
Le sondage BVA publié ce vendredi montre que les Français rejettent Nicolas Sarkozy plus sur le fond - ou plutôt: sur l'absence de fond - de son action que sur son soi-disant "style de communication": 58% des personnes interrogées condamnent cette politique économique qui est jugée incohérente et illisible.
Il suffit d'ailleurs de revoir une vidéo du candidat Sarkozy mise en ligne en avril 2007 pour vérifier le caractère inconsistant de la stratégie qui vient d'échouer.

Le pire pour Nicolas Sarkozy est que cette vidéo- qui n'a même pas un an - apparaît terriblement vieille, comme si elle sortait des archives d'une autre époque politique.
Pas seulement à cause de la réalisation ringarde et de la musique grotesque, façon Danielle Licari dans les années soixante-dix. Mais bel est bien parce que cette forme d'électoralisme était déjà "datée". Un "collector".
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