11.02.2009
Les banques doivent être nationalisées
PDG du groupe automobile PSA, Christian Streiff ne cesse de répéter que l'aide publique est la bienvenue parce que les banques refusent de prêter de l'argent à son entreprise.
L'affirmation soulève deux problèmes.
Si elles ne prêtent pas à Peugeot...
Que les banques hésitent à consentir du crédit à des PME, cela peut se comprendre à la rigueur. Quoi que ....le métier de banquier consiste à réaliser des plus values sur des paris financiers analysés de manière rationnelle. Mais que les banquiers refusent des prêts à un groupe aussi puissant que Peugeot PSA est une attitude étrange. Peugeot a besoin de cet argent pour une sorte de relais de trésorerie entre les coûts de gestion des stocks de voitures invendues et les investissements dans de nouveaux modèles. Rien d'inquiétant, au contraire. Cependant, les banquiers ne prêtent pas. Ils ne font pas leur métier avec un client aussi solide que ce groupe d'envergure mondiale.
Où est passée l'aide publique aux banques ?
Les banquiers ne font pas leur métier malgré les sommes considérables injectées par la puissance publique pour fluidifier le crédit. Si l'accusation de Christian Streiff est fondée, il faut en conclure que les aides de l'Etat aux banques ne servent à rien qui soit avouable.
De ce comportement anormal - refus de faire son métier malgré l'aide publique - trois conclusions peuvent être tirées:
1 - Les banques - qui se sont empoisonnées toutes seules, elles-mêmes, sans l'aide de personne avec des produits spéculatifs pourris mis au point par elles - ces banques cachent encore des choses graves qui ne peuvent être dévoilées mais qui les tétanisent. Après tout, la dissimulation fait aussi partie de ce métier.
2 - Les banques profitent des crises financières et économiques pour pousser à des consolidations (disparitions d'entreprises, acquisitions, fusions) qui augmenteront leurs plus-values. Concrètement, les banques spéculent sur des licenciements économiques massifs pour s'enrichir.
Que l'Etat s'enrichisse sur les banques
3 - Les banques qui ne font pas leur métier malgré les aides publiques doivent être nationalisées. C'est une question de morale publique.
Garant de l'intérêt national, l'Etat ne peut pas laisser des banquiers incompétents saboter l'effort de sauvetage d'une industrie vitale.
La nationalisation des banques saboteuses serait d'ailleurs rentable. Les cours des établissements financiers sont actuellement assez bas. L'Etat doit en profiter pour prendre des participations majoritaires dans ces banques honnies et écarter leurs actuels dirigeants. Le problème des bonuses et des "parachutes dorés" sera réglé du même coup.
L'Etat dispose de suffisamment de hauts-fonctionnaires compétents (ceux qui vont souvent pantoufler dans les banques privées) pour les faire travailler normalement au service de l'économie. Les banques nationalisées consentiront des prêts raisonnables à Peugeot et à d'autres entreprises.
Quand le redressement économique se confirmera, l'Etat revendra les banques réparées à des cours beaucoup plus élevés. La puissance publique réalisera en quelques années une plus-value qui lui permettra de réduire les déficits publics.
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