05.11.2008

La "révolution conservatrice" est suspendue

L'élection de Barak Obama marque la fin de la "révolution conservatrice" initiée par Ronald Reagan et Margaret Thatcher à la fin des des années soixante-dix, et incarnée notamment par George W.Bush.

Cette "révolution" - au sens géométrique de "retour en arrière" - était fondée sur l'idée que les réactionnaires et les conservateurs de toutes les époques et de tous les pays se font du Progrès.

L'évolution de l'Humanité ne peut être conduite, selon eux, que par les minorités sociologiques qui, ayant "réussi", démontrent une capacité d'adaptation supérieure à celle du commun des mortels. Cette capacité justifierait les privilèges des classes supérieures. Ainsi piloté par les classes supérieures, le Progrès implique que le partage de la richesse s'effectue au profit des actionnaires - membre des classes supérieures - privilège que leur vaudrait un rôle historique dans le pilotage du Progrès humain. C'est le sens de la "révolution conservatrice" qui depuis trente ans, défavorise les salariés et les consommateurs au profit des actionnaires.

Quand Sarkozy prêchait pour les subprimes

Thatcher, Reagan,Bush mais aussi Chirac et Sarkozy ont pratiqué - et pratiquent, notamment en France depuis 2002 et plus encore depuis 2007 - la politique fiscale inique et inefficace qui traduit les options idéologiques de la "révolution conservatrice".

Cette révolution est suspendue pour deux raisons. D'abord parce qu'elle a échoué. Elle est en effet la cause unique et directe de la crise financière et de la récession économique. Les théories monétaristes et néo-libérales qui ont tenté de légitimer la "révolution conservatrice" ne contiennent pas de réponses praticables à la situation économique créée par les politiques Thatcher-Reagan et Chirac-Sarkozy.

(Il convient de savourer, à ce propos, la séquence vidéo dans laquelle le candidat Sarkozy promettait de développer en France les subprimes qui sont à l'origine de la crise actuelle.)

Les obamanomics sont à l'opposé de la politique de Sarkozy

Deuxième raison de mettre en veilleuse la "révolution conservatrice": les milieux d'affaires américains ont massivement investi dans la candidature de Barak Obama car ils pensent que les obamanonics (programme économique du président élu ) contiennent des réponses, notamment fiscales, qui ne sont pas forcément agréables pour les milieux financiers mais qui sont les mieux adaptées aux problèmes du moment.

A partir du 20 janvier prochain, le 44ème président des Etats-Unis mettra en oeuvre une politique économique fondée sur de grands investissements publics, l'extension de la protection sociale et un partage différent de la richesse nationale par le biais d'une fiscalité plus redistributive. Exactement le contraire des options de Nicolas Sarkozy.

Les Français ont, paraît-il, "voté" Obama mais ils ont élu Sarkozy. Cherchez l'erreur.

Commentaires

Les Français ont voté pour Obama, mais élu Sarkozy.

Explications :

1) "Les Français sont des veaux" (Ch. de Gaulle) : pas faux, mais un peu court.

2) Après quelques mois de Sarkozy, ils se sont rendus compte de leur erreur.

3) Ne pas oublier les différences démographiques entre la France et les États-Unis : la France est - globalement - un pays qui vieillit et dont la population âgée contrôle une bonne part de la richesse. Aux États-Unis, la population reste assez jeune et plus tournée vers l'avenir. Sarkozy a plu aux vieux. Qui sont aujourd'hui en train de se rendre compte qu'ils se sont fait avoir.

4) À cause du marketing politique, les Américains ont plus voté pour un Démocrate - jeune et incarnant le changement - que pour un (vieux) Républicain.

Ne pas oublier aussi qu'UBS, célèbre banque suisse, a financé, avec d'autres grandes entreprises, la campagne d'Obama. Ce dernier aura-t'il le courage de déplaire à ces généreux donateurs ?

Ecrit par : A.N.Onyme | 06.11.2008

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