16.10.2008

Le système financier ne se "régulera" pas

La "révolution conservatrice" inspirée par les théories économiques de l'Ecole de Chicago et déclenchée à la fin des années soixante-dix par Margaret Thatcher et par Roland Reagan ne s'arrêtera pas d'elle-même.

Les idéologues ultra-libéraux exercent une influence dominante sur le système financier et sur les élites politiques. Raison pour laquelle ils affirment avec un remarquable cynisme qu'après avoir réparé les conséquences de leurs erreurs, les Etats devront se retirer au profit des seuls intérêts privés.

D'ailleurs, les responsables directs de la crise financière et de la récession continuent, avec un cynisme non moins remarquable, à narguer les opinions publiques.

Repas d'affaires à 150 000 euros

Le 24 septembre, les dirigeants de la compagnie d'assurances AIG qui venaient de recevoir 85 milliards de dollars d'argent public ont organisé en Californie un séminaire à 443 000 dollars.

(AIG fait l'objet d'une enquête judiciaire pour avoir versé à ses plus hauts dirigeants des rémunérations injustifiées alors ces dirigeants connaissaient la situation de quasi-faillite de leur entreprise).

La semaine dernière, la banque Fortis "sauvée" par BNP Paribas avec le concours de l'argent public belge organisait à Monaco un déjeuner à 150 000 euros.

Sauvée également avec de l'argent public français et belge, la banque Dexia organisait un dîner à 150 000 euros pour célébrer la naissance d'une filiale spécialisée dans la gestion de fortunes.

Les "irresponsables" reviennent aux commandes

Plus grave: la nouvelle banque d'investissements de Barclays, créée avec les débris de la banque d'affaires Lehman Brothers, sera dirigée par les anciens "spécialistes" de Lehman Brothers. Ceux-là mêmes qui ont pris des risques insensés sur des produits spéculatifs douteux et qui ont été qualifiés d'irresponsables par la commission des affaires financières du Congrès des Etats-Unis.

Déstabilisations et "gourous" manipulateurs

Les opérations d'intoxication et de déstabilisation reprennent de plus belle. Il s'agit de provoquer des spéculations à la baisse afin de profiter des dépeçages de banques et d'entreprises. Un exemple récent:

Merril Lynch est une banque d'affaires qui organise des fusions acquisitions en prenant une marge bénéficiaire sur les montages qu'elle recommande. Toute banque qui fera faillite et qui sera reprise par une autre est donc une "affaire" profitable. Merril Lynch vient de publier une étude démontrant que de nombreuses banques européennes manqueraient de fonds propres si leur taux de solvabilité était porté à 9%. Cette simulation aux allures scientifiques de modélisation mathématique n'a aucune valeur pratique puisque le taux de solvabilité réel est de 8%. Mais le fait d'annoncer gravement que des banques européennes pourraient manquer d'argent suffit à alimenter de nouvelles craintes sur ces établissements. Ce qui arrange bien Merril Lynch qui, justement, fait des affaires sur les firmes à dépecer.

Cette pratique appelée "prophétie auto-réalisatrice" est un des fonctionnements viciés du système financier engendré par la "révolution conservatrice". Goldman Sachs, autre banque d'affaires, paie très cher un "gourou" des marchés pétroliers. Ce "gourou" a prophétisé, dans le courant de l'été, que le baril de pétrole brut atteindrait 200 dollars avant la fin de l'année. Le but de cette prophétie était de déclencher une spéculation à la hausse = inciter les traders à acheter tout de suite, pendant l'été, des barils à 147 dollars afin de les revendre en réalisant une plus-value de 53 dollars par baril en décembre. Le baril est tombé à 68 dollars ces jours-ci mais Goldman Sachs a eu le temps de prendre ses marges bénéficiaires sur les opérations spéculatives que son "spécialiste reconnu" avait déclenché. Voilà pourquoi les banques paient très cher leurs "gourous" manipulateurs.

Peur de Roosevelt = haine de Barak Obama

Ces quelques exemples choisis parmi de nombreux autres dans l'actualité récente prouvent que le système financier instauré par le libéralisme n'est pas disposé à se réformer lui-même. Les menaces proférées par Nicolas Sarkozy à l'adresse des fauteurs de crises laissent les libéraux de Wall Street et d'ailleurs totalement indifférents.

Seule l'élection de Barak Obama à la présidence des Etats-Unis les ferait grimacer. Car un tel évènement provoquerait un retour en force de "l'esprit de Roosevelt". C'est en effet par une sévère régulation financière accompagnée d'initiatives sociale-démocrates que Roosevelt a résolu aux Etats-Unis la grande crise financière et économique des années trente.

Les idéologues et politiciens libéraux n'ont jamais pardonné à Roosevelt d'avoir mis au point une réponse viable au capitalisme brutal des années vingt. Ils ne pardonneraient pas à Obama la mise en oeuvre de réponses pertinentes au capitalisme inepte instauré par les politiciens conservateurs, de Reagan à Bush.

Les adeptes de la "révolution conservatrice" étant très proches des mouvances américaines de la haine, il se trouverait bien, quelque part dans le Sud profond ou ailleurs, une sorte de Lee Harvey Oswald pour agir, afin que se perpétue le business as usual.

Commentaires

Il est possible de changer les choses si le citoyen prend en mains son destin. Vers un nouvrau bretton woods !

http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b35a_1920

http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b75b_1920nationale Après 14 mn.

Claude GUENA

Ecrit par : GUENA | 19.10.2008

Je n'ai pas pu apprécier le contenu du lien que vous m'avez adressé car il fallait télécharger une application supplémentaire, ce que je ne fais jamais même pour FR3.

Cela dit, votre réaction appelle de ma part deux remarques:

- Bretton Woods, invoqué par l'impayable Nicolas Sarkozy, a été une refondation monétaire qui a pris plus de trois ans après la seconde guerre mondiale. Outre que la durée du processus ne répond guère à la situation actuelle, je ne vois pas aujourd'hui comment les gouvernements américains, chinois et britanniques accepteraient que la valeur de leurs monnaies soient modifiées. Bien sûr, l'impayable Nicolas Sarkozy rêve de pouvoir museler la BCE et Trichet afin que l'euro puisse être dévalué- comme le franc naguère - à la guise des politiciens. Ce que l'Allemagne n'acceptera jamais car le statut de la BCE est calqué sur celui de la Bundesbank.

- Je ne vois pas comment et pourquoi les citoyens devraient se mobiliser en faveur d'un Bretton Woods. les citoyens français ont élu Nicolas Sarkozy à 53% pour une durée de cinq ans. C'est donc lui, qui dans une démocratie représentative, est en charge de l'organisation des G4, G7, G8, U15, et U27. J'ai du mal à imaginer un grande manifestation populaire, "de la Bastille à la République" en faveur d'un Bretton Woods.

Ecrit par : Alain Joannes | 19.10.2008

SARKOZY a un fan.

Voilà. Il sera heureux d'entendre cette nouvelle.
Il est clair que la mise en scène au parlement européen, accusation, devant plein de députés européens, contre du paradis fiscal qu'est le Luxembourg est une façon pour Sarko de rouler, à vide, des mécaniques. Il connaît le Luxembourg en tant que paradis depuis tout petit, j'imagine. Il prends les français pour des idiots en faisant mine de le découvrir. Ou bien de découvrir les dégâts innombrables, pour le système financier international, que causent les paradis fiscaux. Il propose à Juncker, Premier Ministre et Ministre des Finances du Luxembourg, Président de l'Eurogroupe, conseiller à tous les G7, G9, G 26 en coulisses bien sûr, de remettre en question, pour parler gentiment, ce système fiscal édénique situé à quelques300 km d'ici cheu nous!!!
Le Luxembourg est l'allié à jamais de l'Allemagne. La Borse Bank de Francfort détient Clearstream.Merkel et Juncker et bien chefs d'Etats européens ne peuvent encadrer Sarko. Ils sont comme nous des êtres humains, la plupart d'entre eux sont les mhommes. Et si les Français ne supportent pas la personnalité de Sarko, figurez vous que eux, ils sont comme nous. Merkel a beau être de droite, ainsi que Juncker, ainsi que Gordon Brown qui la joue centre, comme les socialistes français, figurez vous que Sarko n'a le ticket qu'avec Berlusconi, avec qui il partage un certains nombre de valeurs sacrées : la vulgarité, l'embrassade à tout va sans même avoir été présenté, le parler beauf, l'argent étalé et gaspillé, l'argent bête comme tout. Zapatero ne l'aime pas. Les embrassades filmées sur toujours le même perron ne m'abusent pas. On n'est pas toutes des Carla dévouées au fantasme de toute puissance de Sarko.
Donc, quand Didier Porte prête à Sarkozy des intentions, une stratégie, une complicité avec Juncker, je suis au regret de lui dire qu'il se goure total. Grâce aux conneries de Sarkozy, l'Europe tient de moins en moins la route. Il s'est mis à dos l'Allemagne, le Luxembourg, et quelques autres pays, et le traité de Lisbonne, déjà caduc, l'est encore plus. Sarkozy joue aux dés au jour le jour. Comme un petit garçon. Pour épater qui? Son légionnaire de père? Son ex Cécilia? Sa nouvelle Carla? Sa bagnole?. Quelques français qui avalent tout ce qui passe comme attitude nationaliste? Je hais l'Europe du Traité de Lisbonne, l'Europe de la Stratégie de Lisbonne. Je suis ravie que Sarko déconne à fond sur ce sujet comme sur tous les autres et fasse s'écrouler le montage imaginaire qu'est l »union Européenne ». Je m'étonne que les socialistes n'en profitent pas pour monter au créneau. Pour engager à nouveau un débat sur l'Europe économique. Je m'étonne que Hollande soit si mollasson. Et je me réjouis du fait que le Monde ait laissé entendre que le Nicodème veut l'Eurogroupe. Ca va vachement plaire aux « dirigeants » européens. Ca va faire un plaisir fou à Merkel et Juncker. Ils vont adorer. Ce sont eux qui ont le pognon européen, de toutes façons. Ils ne laisseraont pas faire, Nico va se prendre une déculottée, et il viendra nous la jouer victime : C est la faute à l'Europe. Je pense qu'il va la jouer comme cela, mais lui, il ne pense pas, il sort de ses vapeurs lithiumiques pour faire le mariole devant ses potes (qui n'en ont que foutre d'ailleurs, cela fait assez longtemps qu'ils connaissent le gus). Donc l'Europe c'est bien une connerie. Un truc abscons. Un RUBICUB.
Didier Porte, allez sur Internet, allez visiter le site touteleurope, lisez Pierre Hillard, chez François Xavier Guibert, lisez Yvonne Bollman, lisez Le Desssous des Balkans, publié au Temps des cerises.
Parlez nous le matin des GECT. De cette législation européenne qui est toute prête à accueillir les servicues publics que l'on secoue à tour de bras, qui vont s'effondrer, qui vont être financièrement , dans deux trois ans, rachetables à bas prix.
Tiens, je vous conseille de lire aussi l'article du Télégramme d'Alain Joannès, qui raconte comment les banques françaises sont dans une grosse panade. Et la façon dont on les aide.
Alors sur ma radio préférée il y a deux fans de Sarko. Porte et Guetta. Il est malin, ce dernier, en disant que cela ne va pas plaire du tout aux européens, cette envie en passant de présider l'Eurogroup.
Sarko s'est mis ses électeurs français à dos, maintenant il échappe par le biais, en voulant faire soit-disant des trucs européens. Il est nul. C'est tout. Je suis très contente que cela se voie chaque jour un peu plus et que même ses alliés de droite, d'extrême droite (le Luxembourg, ce n'est pas un peuple de gauchistes endiablés), que l'Allemagne tout autant ne puissent pas l'encadrer.
Le Sarko fait du porte à porte, c'est un vendeur de bagnoles paumé dans un délire . Il ne saura jamais ce que c'est que d'être Président. Il ne préside pas. Il fuit en faisant campagne pour des choses qu'il ne verra jamais. Il bluffe. Je n'ai jamais eu d'admiration pour les joueurs de poker. Ni pour les joueurs aux dès.
Comme le fisc, je sais que le joueur ne peut-être imposable sur ses gains car l'aléa règne trop dans ce jeu. Par contre les gains ramassés au bridge sont taxables. Car ils réclament intelligence et détermination. Et autre chose que des attitudes à la Al Capone.

Ecrit par : Mir Pascale | 23.10.2008

Hé bé...

Je suis plutôt d'accord sur le fond.

Heu... qui c'est Didier Porte ? qui c'est Guetta ?

Ecrit par : Alain Joannes | 23.10.2008

Monsieur,

C'est par hasard que je suis arrivé sur votre site.
Je vous connaissais par vos articles dans le Télégramme.

Merci pour vos analyses et votre côté "couillu".

Le "guetta" en question, ne se couche pas devant le pouvoir, il s'agenouille à la hauteur des hommes de pouvoir et la bouche pleine, susurre et postillonne
la laitance du Roitelet sur les médias. C"est un art
qui est contaminant, mais heureusement il y a toujours
des souches résistantes et mutantes à la pandémie.

Par ces temps agités, Internet nous permet d'échapper à la communication "hexagonnée"des journaux télévisés.

Continuez, l'information est vitale.

Un peu de clarté dans l'opacité ambiante nous permet
au moins de ne pas mourir idiot et peut être de devenir
acteur si les circonstances nous y obligent.

Merci

François Moysan

Ecrit par : moysan | 25.10.2008

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