17.04.2008

Sarkozy sous "l'effet papillon"

La disparition d'Edward Lorenz, vulgarisateur de la Théorie du Chaos vient à point pour rappeler que dans les sciences physiques comme dans les faits sociaux, donc économiques et politiques, les conditions initiales d'une dynamique déterminent le comportement de cette dynamique.

Appliquée aux actes inauguraux de l'actuel président de la République, l'analyse des conditions initiales montre que Nicolas Sarkozy a faussé trois variables décisives:

- il a dépensé 15 milliards à un moment où le rythme de la croissance ne justifiait pas une relance de cette ampleur. Créer les conditions favorables à une entreprise réformatrice aurait consisté, au contraire, à utiliser cet argent pour compenser, à partir de maintenant, le ralentissement de l'activité économique.

- il a engagé des réformes dont certaines sont formellement réussies mais qui n'ont encore aucune valeur pédagogique: le service minimum en cas de grèves dans les transports en commun et la réforme des régimes spéciaux de retraite ne prouvent pas - et ne prouveront pas avant longtemps - que les décisions de Nicolas Sarkozy permettent à la France de s'adapter aux nouvelles conditions de l'économie mondiale.

- contraint par sa dépense fiscale de 15 milliards de réaliser des économies dans l'urgence, c'est à dire sans discernement ni planification, il ampute prioritairement les dépenses de redistribution, celles qui empêchent la société française de se désagréger dans les inégalités et les tensions.

Ces trois erreurs cumulées rendent de plus en plus aléatoire la réalisation de réformes pourtant nécessaires, urgentes et douloureuses.

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