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16.04.2008
Panique au sommet
Il n'y a pas d'autre explication que la panique pour essayer de donner un peu de sens au comportement actuel du pouvoir.
A l'origine de cette soudaine fébrilité budgétaire, la déclaration insultante du ministre allemand de l'Economie déplorant en public que la France se montre décidément incapable de maîtriser ses déficits.
Cette gifle a fait comprendre à Nicolas Sarkozy que l'Allemagne risque de lui gâcher ses six mois de présidence de l'Union européenne. Il essaie donc de faire croire que la France redevient sérieuse. Mais il est lié par ses précédents engagements de dépenses et il 'a aucune stratégie économique. D'où les premiers cafouillages:
François Fillon annonce 5 milliards d'économies. Nicolas Sarkozy en prévoit 7 milliards. Eric Woerth rectifie à deux reprises: 10 milliards, puis 40 milliards sur trois ans. Plus récemment, le sénateur UMP Philippe Marini estimait qu'avant de faire des économies sur les prochains budgets, il faudrait combler le déficit actuel tout en finançant les nouvelles dépenses engagées par le président de la République. Selon lui, il faudrait trouver 80 milliards pour que les finances publiques françaises soient en équilibre, comme promis, en 2012.
Nicolas Sarkozy, François Fillon, Christine Lagarde et Eric Woerth savent que c'est impossible. Pourtant, ils doivent faire semblant d'y croire, au moins jusqu'à la fin d'une présidence européenne qui devrait permettre à Nicolas Sarkozy d'atténuer la gravité de son échec économique en France. D'où le "spectacle" suivant:
Annonce de la suppression de la carte SNCF de réduction pour les familles nombreuses, annonce du non-remboursement des soins optiques et des soins dentaires, annonce d'une réduction des allocations familiales pour les adolescents, annonce d'un contrôle accru des chômeurs pour amplifier les radiations et diminuer les prestations UNEDIC.
Toutes ces annonces sont systématiquement démenties. Mais toutes - sauf celle qui concerne les chômeurs - ont jeté un grand trouble dans l'électorat de droite car ces annonces "pour faire croire à l'Allemagne que la France va enfin faire des économies" se concentrent sur la famille et sur les personnes âgées, thèmes favoris de la Droite.
17:20 Publié dans Action publique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









