06.04.2008

La gifle silencieuse

Les naïfs pourraient prendre pour une incohérence - une de plus dans une communication assez chaotique- le fait que le ministre des comptes public, Eric Woerth, annonce 5 milliards d'économies supplémentaires moins de quarante-huit heures après que Nicolas Sarkozy ait envisagé 7 milliards d'économies.

Le président de la République serait apparu un peu plus crédible ( quoi que...) en révélant que l'Etat supprimerait 12 milliards de dépenses. Le petit post-scriptum du ministre du Budget fait l'effet d'une improvisation du genre: " Ah oui, au fait, on ne vous avait pas dit...Heu...on avait oublié 5 milliards dans nos calculs..."

Ce n'est pas du tout ça.

Le jour où Nicolas Sarkozy présentait ses 166 mesures - en fait: 70 mesures car il a repris 96 initiatives déjà publiées en janvier - et ses 7 milliards d'économies sur quatre ans - en fait: 3,5 milliards puisque la moitié de l'argent non dépensé sera versé aux fonctionnaires - le ministe allemand des
Finances, Peer Steinbrück, critiquait publiquement les dirigeants français en les déclarant incapables de maîtriser leurs déficits publics.

Chronologie de l'humiliation: vendredi matin, Nicolas Sarkozy déploie ses petites économie. Vendredi à midi, le ministre allemand assène sa gifle aux Français. Samedi, Eric Woerth s'excuse en promettant un nouvel effort de 5 milliards.

Le claquement de la gifle n'a pas retenti à Paris en raison de la servilité de la presse française. Elle a pourtant de fortes résonances:
La France vient de revoir à la hausse sa prévision de déficit public pour 2008, à 2,5% du PIB après 2,7% en 2007. L'Allemagne a dégagé l'an dernier un excédent de 70 millions d'euros et vient d'annoncer un déficit limité à 0,5% du PIB cette année (cinq fois moins élevé que le déficit français).

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