26.03.2008

L'alibi de la crise

Dans l'absolu, il faudrait féliciter le gouvernement d'avoir révisé à la baisse, plutôt que d'habitude, les hypothèses sur lesquelles le budget 2008 a été construit. En règle générale, les gouvernements reconnaissent leurs erreurs d'appréciation le plus tard possible, à la faveur d'une loi de finances rectificative votée au milieu du quatrième trimestre.

Admettre, à la fin du premier trimestre, que la croissance ne sera pas cette année de 2,3% mais plutôt proche de 1,7% que de 2 % constitue à priori une louable avancée vers la transparence et l'honnêteté.

La rhétorique éculée de " C'est la faute au reste du monde".

Cependant, l'observation sans complaisance du comportement courant des politiciens oblige à relativiser la loyauté gouvernementale et, donc, à annuler le compliment. Il est en effet possible, et même probable, que la révision des hypothèses budgétaires soit, en réalité, une aubaine. Une occasion cyniquement exploitée pour masquer des erreurs plus anciennes et bien plus graves que les prévisions à moyen terme.

En clair: la crise des subprimes associée aux effets directs et indirects de la récession américaine servirait d'alibi pour (essayer de) faire oublier en mars 2008 que le pouvoir s'est trompé de stratégie économique pendant l'été 2008. C'est à cette lourde manipulation que se livre le malheureux Jean-Pierre Raffarin:" L'économie française, gémit-il, va mal à cause de la crise mondiale".

Vieille rhétorique éculée des politiciens cauteleux: quand ça va bien c'est grâce au pouvoir en place, quand ça va mal, c'est à cause de la contrainte extérieure.

Le "souhaitable" pendant l'été 2007

La réalité se situe, pour un même contexte international, dans les écarts entre ce qui était souhaitable, ce qui était possible et ce qui a été engagé.

Ce qui était souhaitable: réaliser de profondes réformes économiques et sociales. De telles réformes sont plus facilement acceptées quand la conjoncture économique est favorable que quand elle créé de l'inquiétude. Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir, la conjoncture était propice à de grandes réformes.

Le "possible" pendant l'automne 2007

Elle s'est dégradée à partir de septembre. Ce qui a été engagé en mai-juin-juillet 2007 ne correspondait plus à la conjoncture de septembre 2007. Et encore moins, évidemment, à celle de mars 2008. C'est donc à l'automne que le gouvernement de François Fillon aurait dû imposer à Nicolas Sarkozy une autre stratégie adaptée au nouveau contexte.

C'est d'ailleurs à cette époque que François Fillon a évoqué "l'Etat en situation de faillite". Mais il n'a pas eu le courage politique de faire admettre à un président distrait par des problèmes sentimentaux qu'il avait engagé l'économie française dans une impasse stratégique majeure.

L'aveuglement se Nicolas Sarkozy et le manque de courage de François Fillon ont amené la puissance publique à ne plus avoir, aujourd'hui, la moindre possibilité budgétaire d'atténuer les effets de la double crise financière et économique afin que l'oeuvre réformatrice puisse se poursuivre malgré tout. Non seulement, il n'y a plus d'argent pour atténuer les effets de la crise, mais il va falloir que le gouvernement renonce à des engagements de dépenses: au moins 7 milliards pour commencer.

La puissance publique s'est paralysée et doit se renier

En effet, la baisse de la croissance amoindrira les rentrées fiscales spontanées. Si les dépenses sont maintenues à la hauteur des promesses irréfléchies faites par le président de la République à d'innombrables catégories sociales, le déficit public va atteindre des profondeurs abyssales et l'endettement va croître dans des proportions telles que la France sera condamnée par la Commission de Bruxelles. La Commission a en effet le pouvoir d'infliger de lourdes amendes aux Etats qui, ne maîtrisant pas leurs finances, mettent en péril ceux qui savent tenir un budget. La France risque d'être mise à l'amende et sous tutelle pendant qu'elle exercera la présidence de l'Union européenne. Ce risque obligera le gouvernement à supprimer beaucoup que 7 milliards de dépenses publiques.

La faute a été commise par Nicolas Sarkozy qui a imposé son caprice de 15 à 17 milliards de cadeaux fiscaux, donc de dépenses inutiles. Si en septembre-octobre, lui ou François Fillon avait eu la sagesse de transformer une stratégie euphorique en une stratégie lucide, le gouvernement aurait aujourd'hui à sa disposition une bonne dizaine de milliards ce qui lui permettrait de prouver qu'il peut poursuivre les réformes, puisqu'il aurait de quoi atténuer les effets de la crise mondiale.

Des catégories sociales trahies et frustrées

Non seulement la puissance publique n'a pas ces réserves, ce qui la paralyse face à une crise aux développements encore imprévisibles, mais elle va être obligée de se renier: de l'argent promis à des catégories sociales confiantes dans la parole présidentielle va être "gelé". Ces catégories sociales se sentiront légitimement trahies et frustrées. Ces frustrations alimenteront la défiance. On ne réforme pas efficacement dans la défiance. Surtout quand l'initiateur de ces réformes est un président gravement dévalué, qui cherche pathétiquement à "remonter" dans les sondages.

Pour un pouvoir impuissant, la crise ne sert qu'à masquer les errements initiaux. Or, des théories mathématiques empiriquement validées enseignent que des conditions initiales erronées ne peuvent pas produire des résultats corrects.

17.03.2008

La crise en une image

Voici une représentation visuelle de la crise telle qu'elle se déploie et s'aggrave depuis le début du mois d'août 2007.

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Comment lire ce diagramme:
- En rouge, les acteurs et phénomènes les plus nocifs.
- En orange et en jaune, les acteurs et phénomènes risqués; plus ces nuances tirent vers le rouge, plus c'est dangereux.
- En vert, les acteurs et phénomènes positifs.
- En orange et en jaune et bancales, les établissements en train de s'effondrer dans l'économie financière et dans l'économie réelle.
- Les liaisons anguleuses sont des décisions et des conséquences claires, lisibles.
- Les liaisons sinueuses sont des relations de causes à effets opaques ou peu mesurables.
- L'engrenage central est activé par la baisse des taux et l'assèchement du crédit - rouages situés sur la ligne de partage entre l'économie financière et l'économie réelle - ainsi que par le gros rouage, à droite de la défiance qui gèle le crédit et l'investissement.


ACTE I: "MES ACTIFS SONT DES DETTES"

Tout commence en le 9 août 2007 en A avec l'aveu d'un établissement de crédit, Countrywide Financial Corp. qui déclare ne pas pouvoir récupérer les sommes considérables prêtées à des millions de ménages insolvables. Les organismes américains de type A se sont spécialisés dans les prêts immobiliers aux ménages les plus pauvres. Les actifs des établissements A sont des dettes qu'ils financent en empruntant de l'argent aux banques. Puis ils mélangent ces dettes dans des produits financiers qui intègrent toutes sortes de valeurs, des bonnes et des mauvaises dans des proportions variables mais toujours avec des promesses de rendements très élevés. Les prêteurs A croient pouvoir mettre la main sur les maisons des emprunteurs défaillants et revendre ces biens avec profit en pariant sur une hausse continue de l'immobilier. Mais les cours de l'immobilier cessent de progresser et les défaillances se multiplient.

ACTE II: "JE GLISSE MES ACTIFS POURRIS DANS DES PRODUITS OPAQUES"

Les établissements A ont vendu des produits financiers bourrés de dettes irrécupérables à des fonds d'investissements B en quête de profits élevés et rapides à n'importe quel prix. Par exemple, le fonds Carlyle Capital Corporation avait emprunté à des banques la valeur de 32 fois ses fonds propres afin de pouvoir acheter des produits pourris émis par les établissements A. Calcul : emprunter à 3 % aux banques pour empocher 16%. De nombreux voraces de type B dont des filiales de banques européennes (BNP, Société Générale ou Crédit agricole) ont perdu des dizaines de milliards en faisant ce calcul.

ACTE III : "LES FONDS VORACES EMPRUNTENT POUR ACHETER LES PRODUITS OPAQUES"

Les difficultés des établissements de type B ont mis en difficulté les banques de type C qui leur avaient prêté de l'argent. Difficultés amplifiées par le fait que ces banques C avaient également acheté des produits pourris de type A, directement ou à des fonds voraces de type B par l'intermédiaire de filiales peu connues du grand public.

ACTE IV: "LES BANQUES ESSAIENT, EN VAIN, DE SAUVER LEURS DEBITEURS VORACES"

Les banques C connaissent maintenant de telles difficultés qu'elles ont obligées de racheter des établissements B auxquels elles avaient prêté beaucoup d'argent avant et après la crise. C'est ce qui vient de se passer avec la banque JP Morgan rachetant la banque d'affaires Bear Stearns à 2 dollars l'action( elle valait 90 dollars il y a un mois) après une avance de 30 milliards consentie d'urgence par la FED.

La chute des Bourses à l'annonce de ce rachat est dû au au fait que JP Morgan perd 6 milliards d'un seul coup pour racheter en catastrophe la 5ème banque de Wall Street, à laquelle elle avait prêté de l'argent la semaine dernière afin que la faillite de ses clients - des fonds d'investissements de type B - ne provoquent pas un krach. Les marchés financiers se demandent quelles autres banques de type C vont être directement touchées selon le le schéma "JP-Morgan affecté par Bear Stearns". Autrement dit, la crise dans le secteur A serait en train de ravager le secteur B et pourrait donc atteindre le secteur C

ACTE V : LES AUTORITES MONETAIRES RESTENT IMPUISSANTES

Depuis le 10 août, les banques centrales ont injecté des centaines de milliards d'euros pour éviter un effondrement bancaire au niveau C. La FED américaine ne cesse de faire baisser ses taux directeurs - coût de l'argent à emprunter - dans un comportement de panique qui affole les marchés financiers plus qu'il ne les rassure.

La baisse des taux pour essayer de sauver le système bancaire est la première brèche entre l'économie financière et l'économie réelle. Elle fait plonger le dollar. La baisse du dollar a deux conséquences:
- appauvris puisque l'or noir est commercialisé en dollars, les producteurs de pétrole font monter le prix du baril au fur et à mesure que la monnaie américaine perd de sa valeur.
- toute baisse du dollar provoque la hausse de l'euro et du yen.

ACTE VI : LA RECESSION POINTE


La hausse du pétrole pèse sur les coûts de production, la hausse de l'euro freine les exportations européennes: hausse des coûts + baisse des ventes = croissance en déclin, vers la récession économique.

Aux Etats-Unis, plusieurs économistes estiment que la récession a déjà commencé.

11.03.2008

Sale temps pour les riches

Un archevêque, régent de la pénitencerie vaticane, vient d'ériger l'excès de richesse en pêché capital. C'est une bien mauvais nouvelle pour le chanoine de Latran, par ailleurs actuel président de la République française. Non content de s'acoquiner avec des pêcheurs milliardaires (1) et de profiter de leurs faveurs, il étale à tout propos ses signes extérieurs de richesse: lunettes de soleil, montres, bagues, stylo bulgare.

Certes, l'ami des religions a beaucoup parlé des pauvres. Mais il en a parlé comme un compassionel à défaut d'être passionnant.

Autre mauvaise nouvelle, qui transforme le nouveau pêché capital en pêché mortel: la crise bancaire qui s'aggrave devrait faire augmenter de 6,4% le nombre des crises cardiaques dans les mois qui viennent. L'université de Cambridge a formellement établi un lien de cause à effet entre la débâcle spéculative et la hausse des crises cardiaques. Parmi les riches, de préférence, car ils sont plus concernés que les pauvres par la chute des cours boursiers.

Le chanoine de Latran devrait donc perdre quelques amis chers (2) dans les mois qui viennent.

(1) Il ne s'agit pas des marins pêcheurs, qui ne seront probablement jamais milliardaires, mais des milliardaires qui sont désormais en état de pêché, bien qu'ils prêtent leurs bateaux au chanoine de Latran. Mais ce n'est pas cela, la vraie charité chrétienne.

(2) Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les pauvres qui sont responsables des déficits sociaux, mais les riches qui en trépassant pour cause de crise des subprimes, creusent le "trou de la Sécu".

SOURCE VATICANESQUE: Europe 1

ETUDE SUR LES CRISES BANCAIRES ET CARDIAQUES:: Université de Cambridge

Je ne résiste pas à la diabolique tentation de vous montrer la trogne réjouie du saint inquisiteur, le père Morris, révélant aux putrides abonnés de la chaîne de télévision Fox Business News - tous infâmes spéculateurs suppôts du Veau d'Or de Wall Street - qu'ils sont désormais en état de pêché capital voire mortel:

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06.03.2008

Le taux de chômage et son halo

Le fétichisme des chiffes et la sous-culture journalistique servent la communication gouvernementale à quelques jours des élections municipales.

Le chômage a diminué entre 2006 et 2007. Ce fait n'est pas contestable puisque la diminution du nombre des demandeurs d'emploi ( -0,8 %) est corroborée par le nombre de création d'emplois ( + 340.000), par la diminution (-0, 6%) du pourcentage des "presque chômeurs" (personnes qui souhaitent travailler mais qui n'ont pas encore effectué la démarche ou qui ne sont pas disponibles dans les deux semaines); enfin le taux d'activité, qui est une mesure plus sérieuse du niveau de l'emploi, a augmenté de 0,4% en un an,.

Mais cette évolution positive, soulignée par la ministre de l'économie et amplifié par les médias, est "bémolisée" par un halo qui est pour ainsi dire gommé de l'actualité pré-électorale.

Le sous-emploi augmente. Le sous-emploi mesure le nombre de personnes qui ne sont pas au chômage mais qui souhaitent travailler plus. Ce sont, en général, des emplois à temps partiel. Ce sous-emploi augmente de 0,3% en un an.

Il y avait moins de chômeurs à la fin de 2007 qu'à la fin de 2006 parce que certains d'entre eux sont devenus des travailleurs pauvres.

Deux remarques:

1 - Du point de vue de la considération sociale et des possibilités de réinsertion, il vaut sans doute mieux être "travailleur pauvre" que chômeur voué à l'assistanat.

2 - Du point de vue économique, l'augmentation du pourcentage de travailleurs pauvres freine la consommation et ne contribue donc pas à soutenir la croissance économique.

SOURCE: INSEE

04.03.2008

Mésinformation gouvernementale médiatiquement assistée

Il y a une semaine exactement, les médias s'emballaient sur l'emballement des prix que l'Institut National de la Consommation venait de constater.

Il y a une semaine exactement, François Fillon promettait de publier "au début de la semaine prochaine" - c'est à dire aujourd'ui - les résultats de l'opération "coup de poing" sur les profiteurs: producteurs ou distributeurs.

Une semaine s'est écoulée. Vous avez juste appris qu'une tranche de jambon coûte moins cher chez Carrefour que chez Casino.

Mais vous avez surtout appris - et c'était çà l'essentiel - que la hausse des prix constatée par l'opération "coup de poing" est moins grave que la hausse des prix constatée par l'INC.

Résultat de l'opération "coup de poing": annonce d'une nouvelle table ronde après les innombrables tables rondes convoquées par Thierry Breton puis par Christine Lagarde. Tables rondes qui n'ont strictement servi à rien. Sinon à répéter qu'il faudrait plus de transparence.

François Fillon s'est gentiment moqué des consommateurs. Il a préservé l'impunité des responsables de hausses qu'il jugeait lui-même "scandaleuses".

Car, de deux choses l'une: ou bien l'opération "coup de poing" n'a pas donné de résultats parce qu'elle n'a pas vraiment eu lieu et il s'agit d'un mensonge; ou bien l'opération "coup de poing" a eu lieu, elle a donné des résultats et ils sont dissimulés. Ce qui est le contraire de la transparence réclamée par le gouvernement.

Le premier ministre a été puissamment aidé dans cette entourloupe - qui s'appelle "mésinformation" - par les grands moyens d'information. Les médias ont complètement oublié qu'ils aboyaient la semaine dernière sur la hausse des prix et sur ceux qui en profitent. Aujourd'hui, ils jappent sur l'UIMM.

Mais sur l'UIMM, personne ne saura jamais rien: son président vient de déclarer qu'il n'est pas question de dévoiler les noms de ceux qui ont bénéficié de l'argent distribué par Denis Gauthier-Sauvagnac.

Personne sait qui sont les profiteurs des hausses abusives. Personne ne saura qui sont les corrompus.

Les Français ont les dirigeants et les médias qu'ils méritent.

03.03.2008

Laurence Parisot plutôt que Daniel Bouton

La communication de crise de la Société Générale avait été minable, celle de la présidente du MEDEF est remarquable.

Daniel Bouton, président de la banque qui a perdu 4,9 milliards en quelques jours, est un patron "à la française", inamovible quoi qu'il arrive, comme s'il procédait du "droit divin". La pitoyable plaidoirie des incompétents - "responsable mais pas coupable"- ne résiste pas à l'analyse de ce qui s'est passé à la Société Générale: si un seul salarié a pu faire perdre tant d'argent à l'entreprise, c'est parce que les structures de l'entreprise n'étaient pas adaptées aux activités qui ont permis cette perte.

Les activités financières dans lesquelles la banque s'est de plus en plus engagée ces dernières années portent sur des produits à hauts risques manipulés dans des conditions très sophistiquées, opaques. Les structures de la Société Générale n'étaient adaptées ni à ces produits ni aux conditions dans lesquelles ils se manipulent. Un patron qui n'a pas su adapter les structures de son entreprise aux activités dans lesquelles il l'engage, est un incompétent. Il doit être immédiatement limogé. C'est ce qui s'est passé aux Etats-Unis depuis le début de la crise des subprimes au milieu de l'été 2007. Incompétent, Daniel Bouton donne des explications vaseuses et reste à son poste.

Laurence Parisot est d'une toute autre trempe. On peut penser ce que l'on veut de certaines de ses prises de position, mais cette femme mérite le respect pour ce qu'elle est en train de faire au sein du MEDEF. Elle découvre une ignoble transaction qui lui a été cachée. Elle interrompt ses vacances. Elle injurie tous ceux qui méritent d'être insultés. Elle obtient la démission immédiate d'un de ses anciens collaborateurs, exige que les membres de l'UIMM qui ont un mandat du MEDEF le remettent immédiatement. Elle nettoie et c'est doublement intelligent:

- sa colère et ses décisions rapides montrent qu'elle n'a rien à voir avec "ces gens-là".

- c'est une vraie communication de crise, qui permet de penser que les fautes peuvent être réparées.

01.03.2008

Le capitalisme et ses métamophores mafieuses

Le monde patronal français vient d'exsuder trois réseaux sémantiques de métaphores qui pourraient bien éclairer la véritable nature du capitalisme.

Claude Bébéar, ancien PDG de la compagnie d'assurances Axa, est présenté comme le "parrain" du patronat hexagonal. Il aurait, entre autres "arbitrages", organisé le limogeage ("élimination") de Jean-Marie Messier, "boss" de Vivendi. La question qui se pose est de savoir au nom de quelles "familles" du patronat, un assureur aurait provoqué la mise à l'écart du responsable d'une entreprise de télécommunications.

La Direction Générale de la Concurrence vient de mettre en évidence un dispositif d'entente sur les prix entre des fabricants de produits nettoyants. C'est la définition du "cartel". Les cartels, en Colombie et donc ailleurs, sont constitués de gangs qui se partagent des sources de revenus. Selon l'enquête, les nettoyeurs se mettaient d'accord pour accorder leurs politiques tarifaires à la faveur de réunions secrètes. Ainsi procèdent à New York les familles Gambino et Genovese quand elles négocient une entente sur un partage des marchés.

Denis Gautier-Sauvagnac, ancien président de l'Union des Industries Métallurgiques et Minières, a reçu 1,5 million d'euros comme prix d'achat de son silence sur les caisses noires de la fédération patronale. Ces caisses semblent avoir alimenté des financements occultes, c'est à dire un mode de corruption. Un homme du patronat, çà s'achète. Comme un témoin gênant. La "loi du silence" est aussi la loi de ce "milieu". Un milieu où, selon un journaleux dominical, s'affrontent des clans
.Que fait la police ?

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