03.03.2008

Laurence Parisot plutôt que Daniel Bouton

La communication de crise de la Société Générale avait été minable, celle de la présidente du MEDEF est remarquable.

Daniel Bouton, président de la banque qui a perdu 4,9 milliards en quelques jours, est un patron "à la française", inamovible quoi qu'il arrive, comme s'il procédait du "droit divin". La pitoyable plaidoirie des incompétents - "responsable mais pas coupable"- ne résiste pas à l'analyse de ce qui s'est passé à la Société Générale: si un seul salarié a pu faire perdre tant d'argent à l'entreprise, c'est parce que les structures de l'entreprise n'étaient pas adaptées aux activités qui ont permis cette perte.

Les activités financières dans lesquelles la banque s'est de plus en plus engagée ces dernières années portent sur des produits à hauts risques manipulés dans des conditions très sophistiquées, opaques. Les structures de la Société Générale n'étaient adaptées ni à ces produits ni aux conditions dans lesquelles ils se manipulent. Un patron qui n'a pas su adapter les structures de son entreprise aux activités dans lesquelles il l'engage, est un incompétent. Il doit être immédiatement limogé. C'est ce qui s'est passé aux Etats-Unis depuis le début de la crise des subprimes au milieu de l'été 2007. Incompétent, Daniel Bouton donne des explications vaseuses et reste à son poste.

Laurence Parisot est d'une toute autre trempe. On peut penser ce que l'on veut de certaines de ses prises de position, mais cette femme mérite le respect pour ce qu'elle est en train de faire au sein du MEDEF. Elle découvre une ignoble transaction qui lui a été cachée. Elle interrompt ses vacances. Elle injurie tous ceux qui méritent d'être insultés. Elle obtient la démission immédiate d'un de ses anciens collaborateurs, exige que les membres de l'UIMM qui ont un mandat du MEDEF le remettent immédiatement. Elle nettoie et c'est doublement intelligent:

- sa colère et ses décisions rapides montrent qu'elle n'a rien à voir avec "ces gens-là".

- c'est une vraie communication de crise, qui permet de penser que les fautes peuvent être réparées.

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