27.01.2008
Une dizaine de fonds européens au bord de la faillite
Le Times de Londres révèle ce dimanche qu'une dizaine de hedge funds européens sont au bord de la faillite. Ce qui devrait déclencher de nouvelles perturbations boursières lundi matin à l'ouverture des marchés financiers.
Les hedges funds ou fonds à hauts rendements - donc hautement speculatifs donc hautement risqués - manipulent sans aucune surveillance des instruments financiers très sophistiqués et très opaques. Quelques uns d'entre eux, extrêmement puissants quand tout va bien, sont en mesure de faire limoger les patrons de marchés financiers qui ne leur conviennent pas. Les plus redoutables ont été surnommés "les trente salopards".
Ceux que le Times of London décrit comme étant au bord de la faillite ont pris des positions téméraires - comme la Société Générale et son employé - mais ne trouvent plus, désormais, auprès des banques méfiantes les crédits nécessaires à la liquidation de leurs positions perdantes.
Pour mémoire, la faillite du fonds LTCM en 1998 avait obligé Alan Greenspan, alors président de la la Réserve Fédérale américaine, à abaisser les taux directeur en catastrophe pour éviter des faillites en chaîne. La baisse des taux déclenchée par la faillite du hedge fund LTCM avait alimenté en crédits faciles la bulle spéculative sur les valeurs internet, bulle qui a éclaté en 2000.
Il semblerait que Samuel Bernanke, successeur de Greenspan à la tête de la FED, doive retrouver ces-jours- ci la même situation qu'en 1998. En plus grave car les hedge funds sont beaucoup plus nombreux et les masses d'argent qu'ils brassent à travers le monde rendent les pertes de la Société Générale absolument dérisoires.
Source: 24/7 Wall Street
14:25 Publié dans Marchés financiers | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fonds, hedge funds, faillite, perturbations boursières, marchés financiers
25.01.2008
La Société Générale et le "storytelling"
Storytelling signifie "fabriquer des histoires"(1) pour essayer de faire accepter une explication totalement ou partiellement fallacieuse qui masque entièrement ou largement les causes réelles mais inavouables d'un problème.
La Société Générale vient de réussir un exploit dans les annales de la communication de crise: elle a fabriqué une histoire tellement mal ficelée qu'elle génère plein d'autres histoires vénéneuses. Comme un virus qui, non seulement se propagerait mais se mettrait aussi à muter tout seul.
Le récit construit par les dirigeants de la Société Générale perd toute crédibilité dès que l'on se pose la question de savoir ce qu'aurait fait l'honorable banque si, au lieu de perdre, son employé avait gagné 5 milliards...
Il faut rappeler que le salarié n'a pas fraudé, qu'il ne s'est pas enrichi au détriment de la Banque et qu'il n'est donc pas un escroc. Pour l'instant et si ce que raconte la Société Générale est vérifié - il y a de fortes chances pour que cette vérification n'intervienne jamais car nous sommes en France - le salarié n'aurait commis qu'une faute professionnelle. Et encore: il n'aurait pu prendre des risques somme toute limités ( 5 milliards de pertes sur 50 milliards d'engagements en un an, ça ne fait que - 10%) que dans la mesure où les contrôles internes et externes n'ont pas fonctionné.
Cette banque est une des plus audacieuses, dans le monde, sur les produits dérivés. A ce titre, elle cultive la réputation d'avoir mis en place le meilleur système de contrôle. Il faut donc s'interroger sur les vrais enjeux qui l'amènent à dilapider cette réputation, précieux capital moral (2).
C'est également une des banques les plus silencieuses, depuis septembre, sur la réalité de ses engagements à hauts risques dans les crédits hypothécaires américains. Les marchés intrigués attendaient d'ailleurs des révélations dans un mois seulement. Elles sont tombées jeudi. Mais la Société générale avait "dénoué" ses positions douteuses le lundi précédent, alors que la Bourse américaine était fermée. Le lendemain, la FED baissait ses taux directeurs dans des proportions qui ont surpris. Mardi, Jean-Claude Trichet faisait savoir que la BCE, elle, ne baisserait pas ses taux.
Depuis jeudi, les initiés de Wall Street sont persuadés que la FED s'est laissée impressionner par des "mouvements" annonciateurs de krach boursier imminent alors que Jean-Claude Trichet, patron de la BCE, savait, lui, de quoi il retournait exactement. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, était informé depuis dimanche des "problèmes" de la Société Générale. Il a prévenu Jean-Claude Trichet (3) de la véritable teneur de ces "problèmes". La première histoire générée par le "storytelling" de la Société Générale se résumerait, selon ses propagateurs américains, à un coup de bluff pour obliger la BCE a baisser ses taux dans le sillage de la baisse spectaculaire décidée par la FED.
Une autre histoire, d'origine française, "raconte" qu'en réalité la "fraude" servirait à enrober des pertes beaucoup plus élevée, carrément inavouables, sur des spéculations risquées. Il est en tous cas très étonnant que la plus grosse perte "frauduleuse" de l'histoire de la finance, ne provoque qu'une baisse de 5 % de l'action de la Société Générale. Normalement, quand une banque de ce niveau perd 5 milliards dans de telles conditions, elle ne s'en relève pas. Or, vendredi matin, le '"titre" Société générale remontait à la Bourse de Paris. Comme si tout le monde était, au fond, soulagé.
A titre indicatif, il faut rappeler que l'économie française est régie par un capitalisme industriel et financier "consanguin" (4) particulièrement solidiaire et opaque. Deux établissements seulement ont été très discrétement rappelés à l'ordre. L'un n'avait pas dit à ses clients épargnants qu'il avait modifié leurs placements du "monétaire", très sûr, vers des produits plus rentables mais plus risqués. Ce gestionnaire menteur et fraudeur sévit encore à l'heure actuelle. L'autre avait proposé à des emprunteurs peu attentifs des crédits immobiliers à taux variables "pondérés", la "pondération" ne jouant qu'au profit du prêteur, donc au détriment de l'épargnant.
Si la Société Générale n'est pas déclarée en faillite malgré la défaillance "inouïe" (dixit le gouverneur de la Banque de France) de ses systèmes de contrôle et si le cours de l'action monte, c'est parce que les opérateurs savent qu'elle va être rachetée par la BNP et par le Crédit Agricole. C'est le même scénario que celui qui d'un prestigieux gestionnaire d'actifs qui avait sans doute des choses à cacher; il vient subitement d'éprouver l'urgente nécessité de "s'adosser" (adorable euphémisme) à plus puissant que lui.
La crise des subprimes et ses soubresauts boursiers sert aussi à accélérer la concentration dans le secteur bancaire et financier.
1) "Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits", Christian Salmon, éditions La Découverte, octobre 2007 , 18 euros.
2) Nicolas Sarkozy vient de déclarer, curieusement alors qu'il est en Inde, que le système bancaire français est fiable. En septembre, peu après le scandale de la banque britannique Northern Rock, Christiane Lagarde, ministre de l'Economie avait affirmé en substance:"Une chose pareille est impossible en France." Les pertes de la Société Générale sont très supérieures et plus bizarres que celles de la banque britannique.
3) Le fait que le gouverneur de la Banque de France appuie le récit des dirigeants de la Société Générale ne signfiie rien du tout: quand il était gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet a couvert les agissements du Crédit Lyonnais. Au nom de l'intérêt supérieur de la nation et du système bancaire français.
4) "consanguin" signifie que quelques dizaines d'administrateurs se partagent les sièges (et les jetons de présence) dans les conseils d'administration des groupes les plus puissants qui contrôlent ou influencent les autres. Ces administrateurs évitent de se contrôler mutuellement et prennent soin de se "couvrir" réciproquement en cas de "problèmes". Un des premiers à voler au secours de la Société Générale a été le représentant d'une compagnie d'assurances, actionnaire de la Société Générale et, sans doute réciproquement, dans d'autres participations croisées. Si un jour la compagnie d'assurances a des "problèmes"....
12:30 Publié dans Marchés financiers | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Société Générale, storytelling, BNP Paribas, Crédit Agricole, Christine Lagarde, Jean-Claude Trichet, Christian Noyer
17.01.2008
Christine Lagarde corrige François Fillon
Mardi 15 décembre, François Fillon, premier ministre, affirme que la croissance de l'économie française sera de 2,25%.
Jeudi 17 décembre, Christine Lagarde, ministre de l'économie affirme que la croissance de l'économie française ne dépassera pas 2 %.
Entré en vigueur le 1er janvier, le budget de l'Etat a été construit sur une hypothèse de croissance comrise entre 2 et 2,5 %. Donc le budget 2008 est faux, notamment pour le calcul des recettes fiscales, donc au niveau du déficit de l'Etat.
Le budget est erroné après dix sept jours de mise en oeuvre mais François Fillon a assuré mardi qu'il n'y aurait pas de loi de finances rectificatives, même après les élections municipales.
C'est évidemment faux.
23:52 Publié dans Action publique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Baisse des impôts mais nouvelles taxes
Nicolas Sarkozy n'est plus le président qui "ira chercher le point de croissance qui manque à l'économie française." Personne ne croit plus aux hypothèses de croissance imposées le chef de l'Executif à son gouvernement. Officiellement le PIB augmentera de 2,25 en 2008. Certains économistes prévoient un petit 1,4%.
Nicolas Sarkozy n'est plus "le président du pouvoir d'achat". Assez énervé et un peu amnésique, il vient de lancer aux forces vives invitées à l'Elysée que " seuls des démagogues peuvent promettre des gains de pouvoir d'achat sans contreparties". Jamais un responsable aussi haut placé avait poussé aussi loin d'art de l'autoportrait.
Nicolas Sarkozy n'est plus le président de "la baisse des prélèvements obligatoires". Ils ont atteint le taux de 44,5% du PIB pour la première fois depuis longtemps. Il y a, c'est vrai, un héritage Villepin dans ce niveau record de la ponction publique. Mais c'est bien Nicolas Sarkozy qui, après avoir baissé les impôts des ménages les plus favorisés, va créer de nouvelles taxes sur les téléphones mobiles, sur les ordinateurs et sur les téléviseurs, produits achetés par tout le monde, y compris les plus modestes.
Les 170 millions de taxes nouvelles qui vont être soustraits au pouvoir d'achat des Français ne serviront même pas à compenser les 740 millions de recettes publicitaires transférées du service public de l'audiovisuel aux châînes de télévision privées.
15:50 Publié dans Action publique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
"Erika": l'autre signification du jugement
Sauf si la Cour d'Appel et, éventuellement, la Cour de Cassation reviennent sur la jurisprudence "Erika" établie par le Tribunal correctionnel de Paris, le jugement du 16 janvier 2008 contient un camouflet silencieux mais cinglant, au président de la République.
Nicoals Sarkozy proclamait le 6 septembre 2007 devant les dirigeants du MEDEF réunis sur le campus d'HEC: " C'est une grave erreur, je veux y mettre un terme (...). On ne peut continuer à mener aux entrepreneurs une guerre judiciaire sans merci ".
Quatre mois après cette tentative d'intimidation des juges, ceux-ci répliquent calmement en faisant entrer dans le droit français la notion de le "préjudice écologique". Les entreprises sont les premières concernées par cette innovation. Pas seulement celles qui polluent. Toutes celles qui seraient tentées de faire n'importe quoi pour améliorer les dividendes de leurs actionnaires au détriment de leur responsabilité sociale. Objectivement, c'est une nouvelle contrainte.
Les chefs d'entreprise vont peut-être commencer à trouver encombrant un chef de l'Exécutif qui, par Rachida Dati interposée et par toutes sortes d'agressions blessantes, énerve les juges et les incite à réagir. Piétinant le principe de la séparation des pouvoirs (1), Nicolas Sarkozy avait conseillé aux juges de "jouer le jeu" :"Jouer le jeu pour les juges, avait-il crânement précisé, c'est ne pas se laisser tenter par le gouvernement des juges, c'est ne pas se laisser aller à devenir les arbitres de la politique. "Le tribunal corresctionnel de Paris vient de répondre.
(1) Le ministre italien de la Justice, qui avait fait huer les juges à la Chambre des Députés, vient d'être contraint à la démission. Les juges enquêtent sur d'éventuelles malversations. Le politcien est présumé innocent mais il n'est plus ministre.
15:25 Publié dans Affaires juridiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.01.2008
Un compromis porteur d'avenir
L'hypothèse selon laquelle un président de droite réussirait une mutation sociale décisive devient de plus en plus plausible. Après la réforme des régimes spéciaux de retraite, le compromis entre le patronat et les syndicats sur les contrats de travail représente une avancée considérable. Si elle n'est pas sabotée par des surenchères idéologiques au stade de la validation législative, elle peut d'ores et déjà être inscrite au crédit de Nicolas Sarkozy.
Le contenu du compromis est à priori déséquilibré : 60% pour le patronat, 40% pour les syndicats. Mais, outre qu'il peut s'expliquer par le rapport de forces politique né de l'élection présidentielle, ce déséquilibre est porteur d'avenir. La flexibilité améliorée obtenue par les chefs d'entreprise procure une meilleure sécurité aux salariés. Qualitativement, le surcroît de sécurité dont les salariés devraient bénéficier est plus novateur que le surcroît de flexibilité au profit des employeurs. Ces derniers auront plus de visibilité pour gérer les problèmes juridiques et financiers inhérents à certains licenciements. Mais les garanties promises aux salariés sont de nature à atténuer la terrible peur de la déchéance liée à au risque de perdre son emploi. Etre au chômage provoquerait de moins en moins le sentiment traumatisant de l'exclusion et serait progressivement vécu comme une transition normale entre un emploi et un autre.
Les conditions dans lesquelles ce compromis a émergé sont sans précédent depuis le début des années soixante-dix. Le réalisme syndical, c'est à dire la capacité à bien évaluer les rapports de force pour obtenir les compromis les moins mauvais a déjà permis la réforme des régimes spéciaux de retraite. Les dirigeants nationaux de la CGT ont été des éléments moteurs dans ce renoncement pragmatique à la stérilité du maximalisme revendicatif. Dans le compromis sur les régimes spéciaux de retraite comme dans le compromis sur les contrats de travail, ce qui est en jeu c'est d'abord, pour les salariés, la perspective inédite d'être représentés par des responsables syndicaux qui obtiennent quelque chose et qui leur évite les lois sociales idéologiquement orientées ainsi que les journées de grève et les manifestations inutiles. Nul doute qui si les syndicats et le MEDEF avaient échoué sur le dossier du "marché" du travail, le gouvernement et sa majorité parlementaire auraient imposé au Palais-Bourbon et au Sénat des contraintes de flexibilité beaucoup plus dures, avec moins de contreparties sécurisantes pour les salariés.
Pour l'avenir, rien n'est plus important que la capacité des partenaires sociaux à élaborer des compromis (forcément imparfaits) qui empêchent les politiciens de se mêler de tout. Le sort dérisoire du CNE et du CPE montre ce qu'il advient des mesures hâtivement bricolées par des énarques, quand elles ignorent les objections et les propositions des salariés et des chefs d'entreprise.
C'est donc une innovation paradoxale que de voir un président de droite amener les partenaires sociaux à entrer dans l'ère du pragmatisme. On doit à la vérité de dire que le comportement de Nicolas Sarkozy est pour beaucoup dans cette réussite. Il a clairement annoncé ce qu'il ferait; il a montré qu'il était homme à faire ce qu'il annoncé; les syndicats ont compris qu'il valait mieux se mettre d'accord avec le MEDEF.
13:35 Publié dans social | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.01.2008
Nicolas Sarkozy fixe le prix du pétrole
En estimant que le prix du baril de pétrole brut ne devrait pas dépasser 70 dollars, l'actuel président de la République française révèle de manière spectaculaire sa naïveté diplomatique, ses lacunes géopolitiques et son inculture économique:
- naïveté diplomatique: il n'appartient pas à un visiteur de dire aux monarchies pétrolières qui le reçoivent ce qu'elles doivent faire en matière de commerce international. Ces monarchies ont des intérêts sur lesquels un étranger n'a pas droit de regard. Sauf dans un rapport de forces que seuls les Etats-Unis peuvent éventuellement envisager, puisqu'ils protègent militairement lesdites monarchies.
- lacunes géopolitiques: l'essentiel du pétrole en vente actuellement n'est pas produit par l'OPEP, organisation à laquelle s'adressait indirectement le président français, mais par des pays qui n'appartiennent pas à ce cartel de producteurs.
- inculture économique 1: le prix actuel du pétrole est fondamentalement déterminé par le fait que des états producteurs (URSS, Venezuela, etc...) engrangent les profits sans investir. Les réserves en énergies fossiles s'amenuisent sur le long terme mais, sur le moyen terme, il y a encore beaucoup de pétrole. Les réserves décelées dans le grand nord canadien sont de même importance que celles de l'Arabie saoudite. Le problème est que ces gisements sont difficiles à mettre en valeur pour des raisons géologiques et par manque de spécialistes et de matériels adaptés. Pour rentabiliser ces gisements canadiens et brésiliens, il faut que les universités forment des géologues et des ingénieurs qui sauront étudier ces territoires et concevoir de nouveaux équipements d'extraction.
- inculture économique 2: la spéculation existe (c'est un trader de New York qui s'est "amusé" le 2 janvier à faire grimper le baril à 100 dollars, histoire d'ouvrir l'année par un record sur le marché des matières premières et d'épater ses camarades) mais elle est fondée sur des phénomènes que Nicolas Sarkozy ne maîtrise pas : croissance chinoise = augmentation de la demande de pétrole. En outre, si la spéculation a d'incontestables effets nocifs sur l'économie, elle peut aussi avoir des effets positifs. Un spéculateur gagne de l'argent en prenant des risques sur une anticipation. L'anticipation consiste à parier sur le fait que la demande de pétrole continuera à faire monter le cours du pétrole. Le risque est que le cours du pétrole diminue parce que la croissance mondiale fléchit avec possibilité de récession aux Etats-Unis. Si le spéculateur engrange beaucoup d'argent sur un pari gagné, il peut très bien placer ses gains dans un pari sur l'exploitation des nouveaux gisements brésiliens et canadiens, entre autres. Autrement dit, la spéculation quand elle est rationnelle - et elle l'est plus souvent qu'on ne le dit dans les médias - peut très bien compenser le manque d'investissements dont les nationalismes pétroliers sont responsables.
En Arabie saoudite, Nicolas Sarkozy a parlé comme un marxiste des années soixante-dix. Pas comme un chef d'Etat des années 2000.
14:35 Publié dans Action publique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.01.2008
La gauche et la haute finance internationale
Après le socialiste français Pascal Lamy à la tête de l'Organisation Mondiale du Commerce, après le socialiste français Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds Monétaire International, le travailliste britannique Tony Blair vient d'être nommé conseiller stratégique auprès de la direction de la banque JP Morgan Chase pour un salaire annuel d'un million de dollars, selon le Financial Time.
Les dirigeants de la gauche européenne sont très appréciés dans les hauts lieux de la finance internationale.
SOURCE: blog DealBook du New York Times
14:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.01.2008
Commerce extérieur: derrière les chiffres
Le déficit commercial de la France (différence entre les importations et les exportations) évolue en moyenne autour de 3 milliards par mois. Il a atteint 4,8 milliards en novembre, après 3,6 milliards en octobre.
La hausse du pétrole et des matières premières est une des raisons de cette aggravation. Les importations sont passées de 37,3 milliards à 38 milliards entre octobre et novembre. Mais, en novembre, le cours du baril de brut n'avait pas encore atteint 100 dollars (2 janvier 2008).
La cause la plus grave de cette dégradation réside dans la baisse des exportations qui sont passées de 33,9 milliards en octobre à 33 milliards en novembre. Les entreprises françaises perdent des parts de marché, notamment dans l'industrie. Le fait que des entreprises reculent sur les marchés étrangers signifie qu'elles sont de moins en moins compétitives, performantes, dynamiques, innovantes. Elles ne s'adaptent pas à la mondialisation.
La faiblesse du dollar par rapport à l'euro ne saurait être invoquée comme excuse. D'abord parce que le pétrole étant commercialisé en dollars, toute dévaluation de la monnaie américaine réduit le coût de la facture énergétique. Ensuite et surtout parce soumises aux mêmes contraintes monétaires et sociales que les entreprises françaises, les entreprises allemandes exportent de plus en plus. L'excédent commercial a atteint 19 milliards en octobre et les analystes attendent encore 17 milliards d'excédent en novembre.
Sur les onze premiers mois de l'année 2007, l'excédent commercial allemand s'élève à + 186 milliards.
Sur les onze premiers mois de l'année 2007, le déficit commercial français descent à - 37 milliards.
Remarque importante: les exportations allemandes battent des record alors que la consommation intérieure recule. Les exportations françaises s'effondrent alors que la consommation intérieure progresse. L'entêtement dont fait preuve l'exécutif français dans la stimulation de la demande intérieure s'expliquerait donc par le souci de masquer la perte de compétitivité des entreprises hexagonales. Mais les entreprises françaises étant incapables de proposer les produits que les Français veulent acheter- appareils électroniques, écrans de télévision, voitures économes en carburant - toute stimulation de la demande intérieure profite aux importations.
Cette politique de Gribouille a été inaugurée par Jacques Chirac en 1975 (relance française profitable aux exportations allemandes). Elle a été pratiquée par la gauche en 1981 (relance de la consommation profitable aux exportations japonaises avec blocage des magnétoscopes nippons dans des hangars de Poitiers). Elle est poursuivie avec un entêtement stupéfiant compte tenu des échecs antérieurs et dans la plus grande confusion par Nicolas Sarkozy. D'où, sans doute, son intention d'utiliser la Caisse des Dépôts et Consignations pour protéger les entreprises françaises inaptes à la mondialisation.
Car les conditions de la compétition mondiale vont se durcir. Depuis novembre 2007, les cours du pétrole et des matières premières ont encore progressé. Le FMI vient d'annoncer que la croissance mondiale serait plus proche de 3,3% que des 4,8% initialement prévus. Le rétrécissement prévisible de la demande mondiale va exacerber la lutte pour les parts de marchés. Avec éliminations des entreprises les moins compétitives.
14:25 Publié dans Compétitivité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : commerce extérieur, déficit commercial, importations, exportations, excédent commercial, France, Allemagne
Le coût de l'incohérence
Les intentions de l'exécutif en matière économique deviennent de plus en plus confuses. Un exemple parmi de nombreux autres: la durée légale du travail.
Les faits
A - L'actuel président de la République a fait voter, pendant l'été, une loi prévoyant la défiscalisation des heures supplémentaires, c'est à dire des heures travaillées au-delà de la durée légale hebdomadaire qui est de 35 heures.
B - L'actuel président de la République a fait voter en décembre des dispositions qui favorisent le paiement des journées de congés non récupèrées dans le cadre de la réduction du temps de travail, c'est à dire les heures travaillées au-delà de la durée légale hebdomadaire de 35 heures et qui n'ont été ni compensées par des journées de repos ni payées.
C - L'actuel président de la République annonce en janvier "la disparition des 35 heures", durée légale hebdomadaire du travail, au cours de l'année 2008.
D - Un conseiller de l'actuel président de la République déclare, au lendemain de la conférence de presse, que l'annonce du chef de l'exécutif ne signifie pas la disparition de la durée légale hebdomadaire du travail à 35 heures.
L'analyse
- B est cohérent avec A.
- C est incohérent avec A et B.
- D est cohérent avec A et B mais incohérent avec C.
Les conséquences
1 - La confusion entretenue par l'exécutif perturbe la visibilité dont les décideurs économiques ont besoin pour prendre des décisions à moyen et à long terme.
2 - Directement exposés à ces incohérences, les chefs d'entreprises vont opter pour l'attentisme.
3 - En poussant les chefs d'entreprises à l'attentisme, l'exécutif sabote la mise en oeuvre de ses propres décisions.
11:55 Publié dans Action publique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : incohérence, exécutif, durée légale du travail, 35 heures, durée hebdomadaire du travail, décideurs économiques, chefs d'entreprises









