07.12.2007
Dominique Strauss-Kahn supprime des emplois
Dans un entretien accordé au Wall Street Journal, Dominique Strauss-Kahn révèle qu'il va supprimer entre 300 et 400 emplois au Fonds Monétaire International qu'il préside depuis le 1er novembre 2007 à l'instigation de Nicolas Sarkozy.
C'est la réduction d'effectifs (15%) la plus importante depuis la création du FMI en 1945. Les précédentes mesures de ce type remontent à 1980 (- 20 emplois) et à 1986 (- 86 emplois).
Le FMI emploie 2634 personnes, " de très haut niveau et très motivées", selon l'ancien ministre de l'Economie mais, ajoute-t-il, l'institution devient "une machine à produire de la paperasse. "
En supprimant ces emplois, grâce à des départs volontaires mais aussi par des licenciements secs, Dominique Strauss-Kahn espère réduire d'un quart un déficit annuel qui devrait atteindre 400 millions de dollars en 2010.
12:44 Publié dans Finances | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Dominique Strauss-Kahn, Fonds Monétaire International, FMI, Nicolas Sarkozy










Commentaires
Il est intéressant de constater que l'organisme qui, depuis des décennies, impose aux pays africains, latino-américains des politiques économiques décidées par ses experts, n'est pas capable d'équilibrer son propre budget. Le FMI n'a pas pourtant pas de grands problèmes sociaux à gérer: pas de pandémie en son siège, pas de catastrophes naturelles, sa population n'est pas illettrée, ... pas de corruption? pas de bureaucratie pesante?
Il n'est peut-être pas si bon d'avoir une telle concentration de personnes " de très haut niveau et très motivées".
Avec la biodiversité, vive la sociodiversité!
Ecrit par : F. Fauré | 10.12.2007
Vous avez raison. Quand un organisme qui assène ses leçons d'orthodoxie économique au monde entier dérive vers 400 millions de dollars de défiticit, il y a un gros problème de crédibilité.
A votre réflexion j'ajoute celles-ci:
- contrairement à ce que proclament les pseudo-libéraux de l'Hexagone, le système libéral secrète aussi de la bureaucratie. Le FMI est un des temples du libéralisme et Dominique Strauss-Kahn y dénonce une surproduction paperassière.
- je trouve étrange qu'un "socialiste" soit le premier président du FMI à infliger un traitement libéral de choc à une institution libérale.
-Dominique Strauss-Kahn n'est d'ailleurs pas le seul "socialiste" à servir d'homme providentiel au libéralisme. A la tête de l'Organisation Mondiale du Commerce, un autre "socialiste" français, Pascal Lamy, proche collaborateur du "'socialiste" français Jacques Delors a été littéralement plébiscité par les Américains, lesquels ne sont pas franchement socialistes ni francophiles.
-D'ailleurs, quand on y réfléchit bien, qu'est-ce que le "socialiste" français Jacques Delors a fait qui soit "socialiste" ( soyons gentil: disons" "social-démocrate") quand il présidait la Commission européenne ? L'Europe sociale ? Il en a beaucoup parlé mais il a surtout présidé une Commission de Bruxelles de moins en moins sociale et de plus en plus libérale.
Dès lors, si j'étais membre, sympathisant ou électeur du parti socialiste français, je me poserais des questions: qui sont réellement ces socialistes français qui réussissent si bien dans le libéralisme hors de France ? Est-ce qu'il ne faudrait pas cesser de prononcer le mot "socialiste" à l'intérieur de l'Hexagone ?
- Le cas de Jean-Claude Trichet est, à contrario, très intéressant. Il est un libéral classique, ordthodoxe. Il a converti le socialiste Pierre Beregovoy au libéralisme. Ce qui a fait perdre les législatives de 1993 aux socialistes français. Mais la présence de Jean-Claude Trichet à la tête dela très libérale classique BCE est plus logique, plus cohérente, que la présence de Dominique Strauss-Kahn au FMI, et celle de Pascal Lamy à l'OMC après celles de Jacques Delors à la Commission de Bruxelles.
J'aimerais bien qu'un socialiste m'explique ce phénomène de distorsion entre le mot "socialiste" et le comportement de ceux qui s'en réclament.
Ecrit par : Alain Joannès | 11.12.2007
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