08.11.2007

La pauvreté fait baisser la courbe du chômage

La version électronique du journal "Le Monde" daté du 7 novembre a trouvé dans un interminable compte-rendu d'obscurs travaux parlementaires la confirmation officielle d'un soupçon récurrent: les statistiques du chômage sont manipulées. Jamais le cynisme de cette manipulation (*) n'avait été révélé de manière aussi concise, en une seule phrase.

Cette confirmation se situe à la fin d'un très long procès-verbal qui transcrit mot à mot les réponses des membres du gouvernement aux questions des députés membres de la Commission des Finances et des Affaires sociales. Ces élus s'intéressent en ce moment, loin de l'actualité médiatique, aux dépenses de l'Etat dans le cadre de l'examen du projet de loi de Finances pour 2008. Dans son avant-dernière réponse, Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives déclare textuellement ceci: "Effectivement, si la moitié seulement des allocataires du RMI sont inscrits à l’ANPE, c’est aussi qu’on leur demande de ne pas s’y inscrire pour ne pas alourdir les statistiques."

Dans cette logique, les gouvernements ont objectivement intérêt à favoriser un assistanat qui leur permet de s'attribuer des succès apparents dans la lutte contre le chômage. La "lutte" contre le chômage consisterait, en somme, à faire basculer le plus grand nombre possible de jeunes sans qualification, de femmes seules et de salariés âgés dans la pauvreté afin que des ministres puissent venir se rengorger chaque mois à la télévision quand les tombent "les bons résultats de l'emploi".

La pauvreté progresse mais elle n'est pas rendue perceptible sous la forme de statistiques que les politiques agitent comme des quolifichets fétichistes. Les dépenses publiques d'aides à la survie des exclus explosent - triplement en quelques années des dépenses sociales des départements - mais les sommes exhibées permettent aux gouvernements de "montrer" qu'ils font "du social" (à la manière des dames patronesses qui donnent ostensiblement une pièce aux miséreux le dimanche à la sortie de la grand messe). Les dépenses sociales qui augmentent contribuent à l'accroissement de la dette au même titre que les allègements d'impôts consentis aux contribuables les plus aisés.

(*) Un directeur de l'INSEE a été récemment et discrètement limogé pour avoir, pendant la campagne électorale, résisté aux arguments de l'actuel président de la République sur la présentation statistique du marché du travail.

Source: Assemblée nationale via "Le Monde électronique"

Commentaires

Tout ce que vous relatez devient,hélas,monnaie courante.
Comme une sorte de fuite en avant,tous azimuts.
Foin des éthiques et autres fariboles :
les "comités" sont faits pour ça !
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Les pieux américains méthodistes fondamentalistes ne sont pas en reste sur ces plans "puritains" (?)
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Et "on" doit admirer qui dans tous ces débordements ?
Et bien,pour ma part ,mon respect va et j'en suis affecté,à ces Pauvres,qui triment,qui travaillent eux et pour des prunes souvent...
Quant aux "Riches" ,acheteurs de Tout,y compris des journaux,avec des complicités coupables je pense,ils n'auront pas mon âme,et encotre moins--je l'espére--celle des spoliés.

Ecrit par : jean louis BARS | 08.11.2007

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