11.02.2009
Les banques doivent être nationalisées
PDG du groupe automobile PSA, Christian Streiff ne cesse de répéter que l'aide publique est la bienvenue parce que les banques refusent de prêter de l'argent à son entreprise.
L'affirmation soulève deux problèmes.
Si elles ne prêtent pas à Peugeot...
Que les banques hésitent à consentir du crédit à des PME, cela peut se comprendre à la rigueur. Quoi que ....le métier de banquier consiste à réaliser des plus values sur des paris financiers analysés de manière rationnelle. Mais que les banquiers refusent des prêts à un groupe aussi puissant que Peugeot PSA est une attitude étrange. Peugeot a besoin de cet argent pour une sorte de relais de trésorerie entre les coûts de gestion des stocks de voitures invendues et les investissements dans de nouveaux modèles. Rien d'inquiétant, au contraire. Cependant, les banquiers ne prêtent pas. Ils ne font pas leur métier avec un client aussi solide que ce groupe d'envergure mondiale.
Où est passée l'aide publique aux banques ?
Les banquiers ne font pas leur métier malgré les sommes considérables injectées par la puissance publique pour fluidifier le crédit. Si l'accusation de Christian Streiff est fondée, il faut en conclure que les aides de l'Etat aux banques ne servent à rien qui soit avouable.
De ce comportement anormal - refus de faire son métier malgré l'aide publique - trois conclusions peuvent être tirées:
1 - Les banques - qui se sont empoisonnées toutes seules, elles-mêmes, sans l'aide de personne avec des produits spéculatifs pourris mis au point par elles - ces banques cachent encore des choses graves qui ne peuvent être dévoilées mais qui les tétanisent. Après tout, la dissimulation fait aussi partie de ce métier.
2 - Les banques profitent des crises financières et économiques pour pousser à des consolidations (disparitions d'entreprises, acquisitions, fusions) qui augmenteront leurs plus-values. Concrètement, les banques spéculent sur des licenciements économiques massifs pour s'enrichir.
Que l'Etat s'enrichisse sur les banques
3 - Les banques qui ne font pas leur métier malgré les aides publiques doivent être nationalisées. C'est une question de morale publique.
Garant de l'intérêt national, l'Etat ne peut pas laisser des banquiers incompétents saboter l'effort de sauvetage d'une industrie vitale.
La nationalisation des banques saboteuses serait d'ailleurs rentable. Les cours des établissements financiers sont actuellement assez bas. L'Etat doit en profiter pour prendre des participations majoritaires dans ces banques honnies et écarter leurs actuels dirigeants. Le problème des bonuses et des "parachutes dorés" sera réglé du même coup.
L'Etat dispose de suffisamment de hauts-fonctionnaires compétents (ceux qui vont souvent pantoufler dans les banques privées) pour les faire travailler normalement au service de l'économie. Les banques nationalisées consentiront des prêts raisonnables à Peugeot et à d'autres entreprises.
Quand le redressement économique se confirmera, l'Etat revendra les banques réparées à des cours beaucoup plus élevés. La puissance publique réalisera en quelques années une plus-value qui lui permettra de réduire les déficits publics.
14:17 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
01.01.2009
Le probable, le plausible et l'inconnu
Dysfonctionnements financiers jusqu'en 2011, troubles sociaux dès février, évènement bouleversant dans l'année. Outre l'extrapolation des lignes de force produites par le passé récent, l'avenir à moyen terme peut se concevoir en niveaux décroissants de vraisemblance.
Le catastrophisme est le premier inconvénient de la prospective. Car même en écartant l'idée stupide selon laquelle "le pire est toujours sûr", il serait absurde d'escamoter le fait que les changements décisifs ont presque toujours été provoqués par de sinistres évènements.
La deuxième difficulté de l'exercice réside dans l'évaluation des possibilités.
J'ai choisi de les répartir entre trois catégories:
- Sont considérés comme probables les phénomènes dont les conditions d'avènement existent déjà. C'est le cas dans l'actualité économique.
- Sont plausibles les phénomènes pour lesquelles l'expérience et la logique déductive permettent de "construire" des enchaînements de causes à effets. Tel est le cadre dans lequel s'inscrit l'hypothèse de troubles sociaux.
-Sont imprévisibles mais concevables des surgissements et singularités que fécondent l'imagination et le raisonnement. Une singularité est quelque chose de significatif qui ne relève d'aucune grille d'explication. Une singularité peut être l'amorce d'une émergence. Une émergence peut accoucher d'un phénomène majeur durable. En décembre 1999, l'infiltration simultanée au nord est et au nord ouest des Etats-Unis, de terroristes islamistes venus du Canada pour accomplir des carnages simultanément à Las Vegas et à Times Square était une singularité dont l'émergence est survenue le 11 septembre 2001 avec, comme phénomène structurant, une conflictualité asymétrique - terrorisme international contre démocratie universaliste guerrière - et ses conséquences: invasions de l'Afghanistan et de l'Irak.
Encore deux ans de dysfonctionnements économiques
Il est ainsi vraisemblable que l'empilement des crises - dévaluations monétaires sur déflation, déflation sur récession, récession sur assèchement du crédit, assèchement du crédit sur effondrement spéculatif - que cette accumulation sans précédent de dysfonctionnements conduise à une dislocation plus ou moins brutale du système économique mondial par deux phénomènes: inflation ou/et krach obligataire. L'inflation est inévitable parce que les Etats sont en train de fabriquer massivement du papier qui n'a de monnaie que le nom. Krach obligataire parce que les conditions aberrantes dans lesquelles ces Etats empruntent ne peuvent qu'engendrer une hausse des taux d'intérêts: des centaines de millions de prêteurs seront spoliés ou ruinés. Cela se produira en 2010 ou en 2011.
Troubles émergents et viraux
Un peu moins fatals mais plausibles, les troubles sociaux peuvent surgir sporadiquement et se propager sans autre logique que celle, virale, des réseaux. A surveiller notamment, les frustrations engendrées par la récession dans les classes moyennes des puissances émergentes, dont la Chine et la Russie. Ces classes moyennes vont se voir brutalement privées du bien-être relatif auquel elles commençaient à accéder après de longues années de privations et au prix d'un énorme labeur. Elles n'accepteront pas sans réagir violemment que ce droit au bonheur matériel soit capté par des castes dont elles ne supportaient le joug qu'en fonction d'une prospérité à venir. Les images de ces colères populaires peuvent "contaminer" des populations moins menacées de régression mais rendues anxieuses par une paupérisation rampante. Dans une telle configuration, L'Italie, la France et la Belgique ne sont pas simplement des extrapolations de ce qui s'est passé et de ce qui va encore se passer en Grêce. Ces pays contiennent des ferments de rancoeurs qui ne trouvent aucun débouché politique.
Traumatismes concevables
L'inconnu englobe, par définition, tout phénomène ou évènement décisif qui ne dispense aucun signe annonciateur. Les dysfonctionnements économiques n'étaient pas tous prévisibles mais certains - effondrement spéculatif, récession - s'annonçaient dès 2005 et se sont précisés à partir de l'été 2007. Cependant, il n'est pas tout à fait fantasmatique d'envisager - par exemple - l'assassinat de Barak Obama, compte tenu de ce qu'est le peuple américain dans sa complexité. Une soudaine et cruciale contraction technologique - affaissement partiel ou total du réseau mondial internet - peut mettre en cause des pans entiers du modèle économique ainsi et surtout que des modes de vie qui ancrent les individus et les communautés dans la sociabilité. Toutes sortes de conflits, notamment entre l'Inde et le Pakistan donc la Chine (trois puissances nucléaires) peuvent se réactiver sous n'importe quel prétexte.
Justifications contradictoires de l'optimisme
L'optimisme ne peut pas être exclu d'un exercice de prospective modulée. D'abord parce que des manifestations de lucidité économique, politique, technologique prolifèrent. Les sociétés humaines sont devenues plus réflexives: elles examinent de manière un peu plus attentive que celles du passé les conséquences de leurs choix fondamentaux. Le fait nouveau et porteur d'avenir vient de ce que même les Etats les plus "fermés" comme ceux de la Corée du Nord ou de l'Iran acceptent la rationalité comme méthode pour trouver une solution aux problèmes de leurs peuples. Or l'intrusion de la rationalité dans ces sphères de pouvoir est un atout considérable à double effet. D'abord, elle neutralise les fondamentalismes morbides, ceux de l'Islam pour lesquels le recours à la destruction nucléaire est compatible avec une fin du monde espérée et ceux du protestantisme perverti par le dogme impérialiste de la "destinée manifeste" (USA 1839- 2008). Ensuite, la rationalité permet d'élaborer les compromis masquées par les croyances religieuses et idéologiques.
Par ailleurs, force est de reconnaître que les évènements désagréables servent souvent, pas toujours, de condition nécessaire à une régénération salutaire des manières de penser et d'agir.
15:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.12.2008
Le gouvernement va surveiller les blogs d'enseignants et d'étudiants
Les lycéens et les enseignants qui s'expriment sur des blogs doivent savoir qu'ils seront surveillés à compter du 1er janvier prochain par une entreprise spécialisée en vertu d'un appel d'offres, dont voici quelques extraits significatifs:
"...La veille devra identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion, repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau.
Elle décryptera les sources des débats et leurs modes de propagation (...) et anticipera les risques de contagion et de crise.
Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui préfigurent un débat, un « risque opinion » potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués.
Repérer "les sources stratégiques"
La veille portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc
.
Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion.
La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)
"Une cartographie commentée des acteurs et des débats"
Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d’un media à l’autre seront soigneusement analysés.
Plusieurs produits de veille pourront être élaborés suivant une périodicité hebdomadaire, quotidienne ou autre (à définir en fonction de l’actualité) :
- la note de veille éducation (tous sujets confondus)
- la note de veille enseignement supérieur (tous sujets confondus)
- la note de veille recherche (tous sujets confondus)
- la note de veille thématique (un seul sujet couvert)
- la cartographie commentée des acteurs et des débats en présence (un seul thème ou un seul acteur couvert)
Une attention particulière pour "les appels à démission"
Clé de voûte du dispositif de veille, le passage en « mode alerte » visera à transmettre systématiquement les informations stratégiques ou les signaux faibles susceptibles de monter de manière inhabituellement accélérée.
Les vidéos, pétitions en ligne, appels à démission, doivent être suivis avec une attention particulière et signalées en temps réel.
Le coût pour le contribuable de cette surveillance sera de 220 000 euros hors taxe par an.
19:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.10.2008
Le système financier ne se "régulera" pas
La "révolution conservatrice" inspirée par les théories économiques de l'Ecole de Chicago et déclenchée à la fin des années soixante-dix par Margaret Thatcher et par Roland Reagan ne s'arrêtera pas d'elle-même.
Les idéologues ultra-libéraux exercent une influence dominante sur le système financier et sur les élites politiques. Raison pour laquelle ils affirment avec un remarquable cynisme qu'après avoir réparé les conséquences de leurs erreurs, les Etats devront se retirer au profit des seuls intérêts privés.
D'ailleurs, les responsables directs de la crise financière et de la récession continuent, avec un cynisme non moins remarquable, à narguer les opinions publiques.
Repas d'affaires à 150 000 euros
Le 24 septembre, les dirigeants de la compagnie d'assurances AIG qui venaient de recevoir 85 milliards de dollars d'argent public ont organisé en Californie un séminaire à 443 000 dollars.
(AIG fait l'objet d'une enquête judiciaire pour avoir versé à ses plus hauts dirigeants des rémunérations injustifiées alors ces dirigeants connaissaient la situation de quasi-faillite de leur entreprise).
La semaine dernière, la banque Fortis "sauvée" par BNP Paribas avec le concours de l'argent public belge organisait à Monaco un déjeuner à 150 000 euros.
Sauvée également avec de l'argent public français et belge, la banque Dexia organisait un dîner à 150 000 euros pour célébrer la naissance d'une filiale spécialisée dans la gestion de fortunes.
Les "irresponsables" reviennent aux commandes
Plus grave: la nouvelle banque d'investissements de Barclays, créée avec les débris de la banque d'affaires Lehman Brothers, sera dirigée par les anciens "spécialistes" de Lehman Brothers. Ceux-là mêmes qui ont pris des risques insensés sur des produits spéculatifs douteux et qui ont été qualifiés d'irresponsables par la commission des affaires financières du Congrès des Etats-Unis.
Déstabilisations et "gourous" manipulateurs
Les opérations d'intoxication et de déstabilisation reprennent de plus belle. Il s'agit de provoquer des spéculations à la baisse afin de profiter des dépeçages de banques et d'entreprises. Un exemple récent:
Merril Lynch est une banque d'affaires qui organise des fusions acquisitions en prenant une marge bénéficiaire sur les montages qu'elle recommande. Toute banque qui fera faillite et qui sera reprise par une autre est donc une "affaire" profitable. Merril Lynch vient de publier une étude démontrant que de nombreuses banques européennes manqueraient de fonds propres si leur taux de solvabilité était porté à 9%. Cette simulation aux allures scientifiques de modélisation mathématique n'a aucune valeur pratique puisque le taux de solvabilité réel est de 8%. Mais le fait d'annoncer gravement que des banques européennes pourraient manquer d'argent suffit à alimenter de nouvelles craintes sur ces établissements. Ce qui arrange bien Merril Lynch qui, justement, fait des affaires sur les firmes à dépecer.
Cette pratique appelée "prophétie auto-réalisatrice" est un des fonctionnements viciés du système financier engendré par la "révolution conservatrice". Goldman Sachs, autre banque d'affaires, paie très cher un "gourou" des marchés pétroliers. Ce "gourou" a prophétisé, dans le courant de l'été, que le baril de pétrole brut atteindrait 200 dollars avant la fin de l'année. Le but de cette prophétie était de déclencher une spéculation à la hausse = inciter les traders à acheter tout de suite, pendant l'été, des barils à 147 dollars afin de les revendre en réalisant une plus-value de 53 dollars par baril en décembre. Le baril est tombé à 68 dollars ces jours-ci mais Goldman Sachs a eu le temps de prendre ses marges bénéficiaires sur les opérations spéculatives que son "spécialiste reconnu" avait déclenché. Voilà pourquoi les banques paient très cher leurs "gourous" manipulateurs.
Peur de Roosevelt = haine de Barak Obama
Ces quelques exemples choisis parmi de nombreux autres dans l'actualité récente prouvent que le système financier instauré par le libéralisme n'est pas disposé à se réformer lui-même. Les menaces proférées par Nicolas Sarkozy à l'adresse des fauteurs de crises laissent les libéraux de Wall Street et d'ailleurs totalement indifférents.
Seule l'élection de Barak Obama à la présidence des Etats-Unis les ferait grimacer. Car un tel évènement provoquerait un retour en force de "l'esprit de Roosevelt". C'est en effet par une sévère régulation financière accompagnée d'initiatives sociale-démocrates que Roosevelt a résolu aux Etats-Unis la grande crise financière et économique des années trente.
Les idéologues et politiciens libéraux n'ont jamais pardonné à Roosevelt d'avoir mis au point une réponse viable au capitalisme brutal des années vingt. Ils ne pardonneraient pas à Obama la mise en oeuvre de réponses pertinentes au capitalisme inepte instauré par les politiciens conservateurs, de Reagan à Bush.
Les adeptes de la "révolution conservatrice" étant très proches des mouvances américaines de la haine, il se trouverait bien, quelque part dans le Sud profond ou ailleurs, une sorte de Lee Harvey Oswald pour agir, afin que se perpétue le business as usual.
11:40 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
11.03.2008
Sale temps pour les riches
Un archevêque, régent de la pénitencerie vaticane, vient d'ériger l'excès de richesse en pêché capital. C'est une bien mauvais nouvelle pour le chanoine de Latran, par ailleurs actuel président de la République française. Non content de s'acoquiner avec des pêcheurs milliardaires (1) et de profiter de leurs faveurs, il étale à tout propos ses signes extérieurs de richesse: lunettes de soleil, montres, bagues, stylo bulgare.
Certes, l'ami des religions a beaucoup parlé des pauvres. Mais il en a parlé comme un compassionel à défaut d'être passionnant.
Autre mauvaise nouvelle, qui transforme le nouveau pêché capital en pêché mortel: la crise bancaire qui s'aggrave devrait faire augmenter de 6,4% le nombre des crises cardiaques dans les mois qui viennent. L'université de Cambridge a formellement établi un lien de cause à effet entre la débâcle spéculative et la hausse des crises cardiaques. Parmi les riches, de préférence, car ils sont plus concernés que les pauvres par la chute des cours boursiers.
Le chanoine de Latran devrait donc perdre quelques amis chers (2) dans les mois qui viennent.
(1) Il ne s'agit pas des marins pêcheurs, qui ne seront probablement jamais milliardaires, mais des milliardaires qui sont désormais en état de pêché, bien qu'ils prêtent leurs bateaux au chanoine de Latran. Mais ce n'est pas cela, la vraie charité chrétienne.
(2) Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les pauvres qui sont responsables des déficits sociaux, mais les riches qui en trépassant pour cause de crise des subprimes, creusent le "trou de la Sécu".
SOURCE VATICANESQUE: Europe 1
ETUDE SUR LES CRISES BANCAIRES ET CARDIAQUES:: Université de Cambridge
Je ne résiste pas à la diabolique tentation de vous montrer la trogne réjouie du saint inquisiteur, le père Morris, révélant aux putrides abonnés de la chaîne de télévision Fox Business News - tous infâmes spéculateurs suppôts du Veau d'Or de Wall Street - qu'ils sont désormais en état de pêché capital voire mortel:

12:55 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04.03.2008
Mésinformation gouvernementale médiatiquement assistée
Il y a une semaine exactement, les médias s'emballaient sur l'emballement des prix que l'Institut National de la Consommation venait de constater.
Il y a une semaine exactement, François Fillon promettait de publier "au début de la semaine prochaine" - c'est à dire aujourd'ui - les résultats de l'opération "coup de poing" sur les profiteurs: producteurs ou distributeurs.
Une semaine s'est écoulée. Vous avez juste appris qu'une tranche de jambon coûte moins cher chez Carrefour que chez Casino.
Mais vous avez surtout appris - et c'était çà l'essentiel - que la hausse des prix constatée par l'opération "coup de poing" est moins grave que la hausse des prix constatée par l'INC.
Résultat de l'opération "coup de poing": annonce d'une nouvelle table ronde après les innombrables tables rondes convoquées par Thierry Breton puis par Christine Lagarde. Tables rondes qui n'ont strictement servi à rien. Sinon à répéter qu'il faudrait plus de transparence.
François Fillon s'est gentiment moqué des consommateurs. Il a préservé l'impunité des responsables de hausses qu'il jugeait lui-même "scandaleuses".
Car, de deux choses l'une: ou bien l'opération "coup de poing" n'a pas donné de résultats parce qu'elle n'a pas vraiment eu lieu et il s'agit d'un mensonge; ou bien l'opération "coup de poing" a eu lieu, elle a donné des résultats et ils sont dissimulés. Ce qui est le contraire de la transparence réclamée par le gouvernement.
Le premier ministre a été puissamment aidé dans cette entourloupe - qui s'appelle "mésinformation" - par les grands moyens d'information. Les médias ont complètement oublié qu'ils aboyaient la semaine dernière sur la hausse des prix et sur ceux qui en profitent. Aujourd'hui, ils jappent sur l'UIMM.
Mais sur l'UIMM, personne ne saura jamais rien: son président vient de déclarer qu'il n'est pas question de dévoiler les noms de ceux qui ont bénéficié de l'argent distribué par Denis Gauthier-Sauvagnac.
Personne sait qui sont les profiteurs des hausses abusives. Personne ne saura qui sont les corrompus.
Les Français ont les dirigeants et les médias qu'ils méritent.
18:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.03.2008
Laurence Parisot plutôt que Daniel Bouton
La communication de crise de la Société Générale avait été minable, celle de la présidente du MEDEF est remarquable.
Daniel Bouton, président de la banque qui a perdu 4,9 milliards en quelques jours, est un patron "à la française", inamovible quoi qu'il arrive, comme s'il procédait du "droit divin". La pitoyable plaidoirie des incompétents - "responsable mais pas coupable"- ne résiste pas à l'analyse de ce qui s'est passé à la Société Générale: si un seul salarié a pu faire perdre tant d'argent à l'entreprise, c'est parce que les structures de l'entreprise n'étaient pas adaptées aux activités qui ont permis cette perte.
Les activités financières dans lesquelles la banque s'est de plus en plus engagée ces dernières années portent sur des produits à hauts risques manipulés dans des conditions très sophistiquées, opaques. Les structures de la Société Générale n'étaient adaptées ni à ces produits ni aux conditions dans lesquelles ils se manipulent. Un patron qui n'a pas su adapter les structures de son entreprise aux activités dans lesquelles il l'engage, est un incompétent. Il doit être immédiatement limogé. C'est ce qui s'est passé aux Etats-Unis depuis le début de la crise des subprimes au milieu de l'été 2007. Incompétent, Daniel Bouton donne des explications vaseuses et reste à son poste.
Laurence Parisot est d'une toute autre trempe. On peut penser ce que l'on veut de certaines de ses prises de position, mais cette femme mérite le respect pour ce qu'elle est en train de faire au sein du MEDEF. Elle découvre une ignoble transaction qui lui a été cachée. Elle interrompt ses vacances. Elle injurie tous ceux qui méritent d'être insultés. Elle obtient la démission immédiate d'un de ses anciens collaborateurs, exige que les membres de l'UIMM qui ont un mandat du MEDEF le remettent immédiatement. Elle nettoie et c'est doublement intelligent:
- sa colère et ses décisions rapides montrent qu'elle n'a rien à voir avec "ces gens-là".
- c'est une vraie communication de crise, qui permet de penser que les fautes peuvent être réparées.
19:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.01.2008
La gauche et la haute finance internationale
Après le socialiste français Pascal Lamy à la tête de l'Organisation Mondiale du Commerce, après le socialiste français Dominique Strauss-Kahn à la tête du Fonds Monétaire International, le travailliste britannique Tony Blair vient d'être nommé conseiller stratégique auprès de la direction de la banque JP Morgan Chase pour un salaire annuel d'un million de dollars, selon le Financial Time.
Les dirigeants de la gauche européenne sont très appréciés dans les hauts lieux de la finance internationale.
SOURCE: blog DealBook du New York Times
14:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.10.2007
Grèves: deux arguments, une question et sa réponse
Dans la même page du "Monde" daté du 19 octobre, deux points de vue intéressants, bien que contradictoires, sur les grèves de protestation contre la réforme des régimes spéciaux de retraite.
Pascal Gobry, syndicaliste, fait remarquer que les régimes spéciaux ne relèvent pas du système de répartition, dans lequel les actifs cotisent pour que soient payées les pensions des retraités. Ces régimes de retraite sont financés par les usagers sur le prix des billets et par les contribuables dont une partie des impôts alimente les subventions de l'Etat aux caisses déficitaires.
Chercheurs au CNRS, Michel Freyfus et Bruno Dumons rappellent que l'existence de ces régimes spéciaux est historiquement liée à la notion de "serviteurs de l'Etat" et que les faire disparaître revient à remettre en cause l'idée même de service public.
Ces deux points de vue sont à lire attentivement car ils sont honnêtes, érudits et solidement argumentés.
Ils posent la question de fond: les Français veulent-ils des réductions d'impôts ou la préservation du service public ? L'actuel président de la République ayant clairement annoncé, pendant la campagne électorale, qu'il procèderait à des allègements fiscaux et qu'il mettrait fin aux régimes spéciaux de retraite et ce candidat ayant été élu avec 53,06% des suffrages exprimés, la réponse est : une majorité de Français préfère les baisses d'impôts au maintien des services publics.
16:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grèves, réforme, régimes spéciaux de retraite, système de répartition, pensions, retraités, actifs









